|
Server : Apache/2.4.62 System : FreeBSD fbsdweb2.web.rcn.net 14.1-RELEASE FreeBSD 14.1-RELEASE releng/14.1-n267679-10e31f0946d8 GENERIC amd64 User : www ( 80) PHP Version : 8.3.8 Disable Function : NONE Directory : /domains/markrose/ |
Upload File : |
<HTML>
<HEAD><TITLE>Le Syldave d'Hergé</TITLE></HEAD>
<BODY BGCOLOR="#DDDDFF">
<table><tr>
<td><IMG Align=absmiddle width=215 height=195 SRC="tinb.gif"></td>
<td><font size=6><b> Le Syldave d'Hergé:
<br>Une grammaire</b></font></td>
<td>
</tr><tr><td colspan=2>
<font size=-1>Les images de Tintin © 1947, 1953, 1975, 1981 by Casterman. Réproduites avec l'accord aimable de la Fondation Hergé.</font>
<td width=15%> <A HREF="syldavian.html">[English]</a>
</tr></table>
<H3><IMG Align=Top width=14 height=14 SRC="redball.gif"> Introduction</H3>
<table>
<tr><td width=10%>
<td>
<p>Les aventures de Tintin, par le remarquable artiste belge Hergé, divertissent tout le monde; pour le linguiste, elles offrent le charme additionnel de fournir un goût tentant d'une langue quasiment inconnue, le <b>syldave</b>.
<p>A ma connaissance, Hergé n'a jamais présenté aucune esquisse grammaticale de ce langage, et des autres sources sur le syldave sont assez rares. Je me suis permis donc d'arranger les faits connus sur cette langue fascinante.
<p>Il y a trois moyens différents de lire ce document :
<ul>
<li>Tout simple, pour voir ce qui veulent dire les textes hergéens en syldave. Lire le <A HREF="#corpus">Corpus Annoté</a>, en sautant les sections en <font color="#406040">cette couleur</font>.
<li>Pour saisir le syldave comme un système : phonologie, orthographe, morphologie, syntaxe. Lire la <A HREF="#grammar">Grammaire</A> et le <A HREF="#lexicon">Lexique</A>, en sautant les sections en <font color="#406040">cette couleur</font>.
<li>Comme une sorte de policier linguistique : suivre comment on a déchiffré les textes, quels sont les mots apparentés, comment on a arrangé le résultat en système cohérent et plausible. Lire les sections en <font color="#406040">cette couleur</font>.
</ul>
<p>Certaines de mes interprétations et interpolations seront sans doute inexactes; je ne connais pas le néerlandais, langage qui s'impose (comment on le verra) dans ce travail, et j'ai dû compter sur des correspondants néerlandais et belges sur le Réseau.
<p>Je présente aussi mes excuses pour mes fautes inévitables de français.
<p>Je recevrai des <a href=mailto:[email protected]>corrections</a> avec plaisir (mais s'il vous plaît, ne me parlez pas du marollien; je m'en suis déjà rendu compte).
<p>—Mark Rosenfelder
<td width=10%>
</table>
<h3><IMG Align=Top width=14 height=14 SRC="redball.gif"> <A NAME="corpus">Le Corpus Annoté</a></h3>
<table>
<tr><td width=10%>
<td>
<p>Ci-dessous j'énumère tout texte en syldave qui se trouve dans l'oeuvre tintinesque. Toute les citations sont tirées bien sûr de la version française. Les traducteurs ont de temps en temps fait des altérations dans les textes— p.e. la version anglaise donne <i>politzski</i> au lieu de <b>gendarmaskaïa</b>.
<p>Les translittérations suivent les équivalents donnés sous <A HREF="#ortho">Orthographe</A>. Il est dommage que le html soit si démeuré dans le domaine des scripts non-romains.
<p>Les noms propres se trouveront dans une section à part, après les textes proprement dits.
<h4>Le Sceptre d'Ottokar (1947)</h4>
<p>4 <b>szlaszeck</b> espèce de viande, qu'on identifie (trompeusement, paraît-il) comme du chien; <b>szprädj</b> sorte de vin rouge
<br>5 <b>khôr</b> monnaie syldave
<br>6 Addition manuscrite de restaurant : <B>1 Szlaszeck champ., 1 Szprädj.</b> "1 szlaszeck aux champignons, 1 vin rouge."
<br>19 <b>muskh</b> valeur</i>;
<b>kar</b> roi;
<b>kloho</b> conquête;
<b>ow</b> ville
<br>21 <B>Eih bennek, eih blavek</b> - devise syldave: "Ici je suis, ici je reste."
<br><font color="#406040">On lit dans la brochure touristique syldave que la devise veut dire "à peu près" : <I>Qui s'y frotte s'y pique</i>.
Mais cette paraphrase n'est que la devise de la Lorraine, qui fait allusion à son emblème, le chardon, et s'explique comme tentative de traduire l'expression en contexte français (et en effet, la brochure cite ensuite la devise anglaise : <i>Honni soit qui mal y pense.</i>)
<br>La signification exacte se voit dans le néerlandais <i>Hier ben ik, hier blijf ik</i> "Ici je suis, ici je reste", ce qui est sans doute la signification syldave, en confirmation de quoi je cite l'usage de <i>blaveh</i> 'rester' dans un album postérieur. Puisque nous avons aussi <i>eih</i> = 'il', il semblerait que 'ici' et 'il' (cf. néer. <i>hier, hij</i>) aient fusionné en syldave. D'autre part, la devise est médiévale, et il est probable que, dans les siècles dépuis Ottokar, on a trouvé quelque moyen d'éviter une homophonie aussi incommode. </font>
<br>D'un manuscrit du XIV<sup>e</sup> siècle, <I>Hauts faits d'Ottokar IV</I>:
<br>"<B>Pir Ottokar, dûs pollsz ez könikstz, dan tronn eszt pho mâ." Czeillâ czäídâ ön eltcâr alpû, "Kzommetz pakkeho lapzâda." Könikstz itd o alpû klöppz : Staszrvitchz erom szûbel ö. Dâzsbíck fällta öpp o cârrö.</b>
<IMG Align=left width=276 height=125 SRC="tind.gif">
<br>"Père Ottokar, tu es faussement roi; le trône est pour moi." Celui-là dit donc à l'autre, "Viens saisir le sceptre." Le roi l'a frappé donc, Staszrvitch, sur la tête. Le fripon est tombé sur le plancher."
<p><font color="#406040">Voici le passage le plus délicat à traduire. Je n'en avais guère déchiffré la moitié, quand j'ai trouvé la traduction donnée par Frédéric Soumois dans son <i>Dossier Tintin</i> (1987) : "'Père Ottokar, tu es donc roi de la ville, alors le trône est pour moi.' Celui-là dit à l'autre. 'Viens prendre le sceptre.' Et le roi frappa sur Staszrvitch d'un coup de sceptre, qui le fit tomber sur le carreau comme une bique."
<p>Je me suis écarté de M. Soumois à certains égards.
<ol>
<li>Je traduis <i>pollsz</i> comme 'false[ment]' (cf. all. <i>falsch</i>), ce qui est plus logique— si en réalité Staszrvitch réconnassait la royauté d'Ottokar, il ne réclamerait ensuite le trône.
(On peut dire la même chose de la lecture alternative 'roi des Polonais'.)
<li>Soumois traduit <i>alpu</i> comme 'sceptre'.
(Le premier serait peut-être <i>akpu</i>; mais la deuxième lettre ne s'écrit pas comme les autre <b>k</b> dans le texte).
Cela est possible, bien qu'il ne peut pas donner un mot apparenté.
Néanmoins, je pense que la lecture est plus coulante si on y voit
quelque particle connectif ou intensifiant. Les mots apparentés néerlandais les plus proches que j'aie pu trouver sont <i>al te</i> 'aussi', <i>aldus</i> 'donc'.
<li>Je préfère lire <i>lapzâda</i> = sceptre (admis, sans mot apparenté) et <i>szûbel</i> = tête, du contexte; des mots apparentés possibles pour ce dernier sont l'anglais <i>scalp</i>, l'all. <I>Schopf</i> 'houppe, touffe', ou <i>cheveux</i>.
<li>La syntaxe à la fin de la traduction de Soumois me paraît un peu tordue,
et ce sans raison : le texte (à partir de <i>Dâzsbíck</i>) est très clair.
<li>'Bique' manque un peu de dignité dans le contexte d'une chronique royale. C'est peut-être la signification étymologique, mais le mot a évidemment changé de sens.</ol>
<p>Pour <i>lapzâda</i> un correspondant suggère le néerlandais <i>lap' zei hij</i> 'claque! dit-il' ou <i>lap' zei de</i> 'claque! dit de (roi)'. J'en doute. On peut donner une interprétation néerlandaise en allant de syllabe en syllabe pour presque toute expression syldave; mais le résultat ne se tiendra peut-être pas. Remarquez que le contexte immédiat est "Venez saisir —-", ce qui ne mène pas vraiment aux traductions suggérées; et notez que nous avons déjà <i>czäídâ</i> 'a dit' dans ce même passage.
<p>Yves Horeau interprète <i>ön eltcâr alpû</i> comme
'À chacun son tour le sceptre', en référant la première partie au néer.
<i>aan elkaar</i> (littéralement 'un autre'). C'est bien possible,
mais le roi dirait-il ça ? Il entend aussi <i>lapzâda</i> comme
'a frappé', ce qu'il est très tentant, mais nous avons aussi <i>klöppz</i>
dans la même phrase.
<p><IMG Align=right SRC="tine.gif">
Dans la version en noir et en blanc de 1939, le texte est complètement différent.
Yves Horeau a entrepris la tâche héroique de le traduire. Voici
sa translitération et sa traduction :
<br><b>Pir cegan caillouz rgmopz aouidzl birûzn </b>
<br>"Le Petit Père a entendu ce blanc-bec de baron blageur dire,
<br><b>konigzx ü szrigt daon tron es fou maat </b>
<br>'J'ai le droit d'être roi, donce le trône est pour moi!'
<br><b>wazs ceg de xzliele coe </b>
<br>'Qu'est-ce que tu dis, sale vache ?'
<br><b>gnrufinz shakas turxz atre </b>
<br>'Que ce soit à chacun son tour d'avoir le sceptre!'
<br><b>comurr tur sblsalcomuder </b>
<br>'Viens ici, toi, prendre ma place!'
<br><b>en nsocödrugt lapzszrazdzeu kzöenig u zgaf se nez </b>
<br>Et le roi le frappa avec le sceptre sur le nez,
<br><b>clörp op de pi etendzantecz dazs bic oms car. </b>
<br>le coup étendant à ses pieds cette bique sur le carreau."
<p>Ceci est au long correct, a mon avis (exceptés quelques mots).
Dans cette première version, curieusement argotique,
Hergé a trouvé l'éxotisme principalement dans l'insertion de lettres inattendues
(p.e. <i>aouirdzl</i> pour <i>a ouï</i>), à la place des accents et trémas.
</font>
<p>24 Un paysan, en regardant Milou qui tombe du ciel : <B>Zrälùkz</b>! "Regarde!"
<br>Le paysan, en indiquant du doigt, pendant que Milou atterrit: <B>Czesztot on klebcz</b>! "C'est un chien!" La version néerlandaise donne <i>Czesztot on Foxsz</i>, allusion au fait que Milou est un fox-terrier.
<font color="#406040"><br><i>Czesztot</i> pourrait être soit <I>Zie's dat</i> "Regarde ça", soit <i>'t is dat</i> "C'est ça", soit <i>'t is toch</i> "C'est sûrement", soit le français <i>c'est</i>. La signification (ici et dans le texte suivant) s'accorde mieux avec la dérivation du français.</font>
<br>Dans la version de 1939, l'autre paysan répond, <b>Hamaïh!...</b> "Par..."
<font color="#406040"><br>Il n'est pas difficile voir ci-dedans l'équivalent syldave du bordure <i>amaïh</i> "salut!", que l'on utilise ici sans doute comme un juron ou une exclamation de surprise.</font>
<br>25 Le paysan, en discutant avec son ami l'arrivée de Tintin : <B>Czesztot wzryzkar nietz on waghabontz! Czesztot bätczer yhzer kzömmetz noh dascz gendarmaskaïa?</b> "Ce n'est assurément pas un vagabond! Ne serait-il mieux qu'il vienne avec nous à la gendarmerie ?"
<br><font color="#406040">Dans la version de 1939, quelques mots s'écrivent différemment : <b>waghabont, yhzr, kzommet</b> (el il y a un circumflexe renversé sur de quelques <b>o</b>).</font>
<br>Le même paysan, à Tintin: <B>Kzommet micz omhz, noh dascz gendarmaskaïa! </b> "Viens [Venez?] avec nous, à la gendarmerie!"
<br>Enseigne sur la gendarmerie: <b>ГЕНДАРМАСКАИА Gendarmaskaïa</b>.
<br>26 Sur un mur nous voyons un <b>АДВИЧА advicza</b>— un avis.
<br>28 <B>Kursaal</b> salle de concerts
<br>41 Enseigne (partiellement obscurcie): <B>ПРАТН- ЗІГАРЕ- PRATN— ZIGARE</B>— . "(mot inconnu). Cigarettes."
<br>Le premier 3 (<b>z</b>) est écrit en revers, sans doute une faute d'Hergé, puisque la lettre apparaît exactement dans le mot <b>zigarettes</b> dans <I>L</I>'<i>Affaire Tour<i>n</i>esol</i>.
<br>42 <b>Amaïh!</b> Dans <I>L'affaire Tournesol</i> on salue le dictateur : <i>Amaïh Plekszy-Gladz!</i> Dans ce cas le mot est probablement emprunté au bordure.
<br>60 <B>Zyldav Zentral Revolutzionär Komitzät</b>, L'organisation de Müsstler : "Comité syldave central revolutionnaire", bien sûr.
<br><font color="#406040">Il se traite peut-être du bordure ? Possible : mais notez le bordure <i>zservis</i> 'service' (dans <I>L'affaire Tournesol</i>), contre le syldave <i>zekrett</i>. Vraisemblablement que <i>zentral</i> est le syldave; le bordure serait <i>zsentral</i>.</font>
<br>61 <B>Szcht</b>! - silence!
<h4>Objectif Lune (1953)</h4>
3 <B>Zepo</b>, abbréviation pour la police secrète
<br>Panneau : <b>ЮЕРХВЕН / ВЕРТЗРАГЗ Verkhwen / Wertzragh</b> 'Travaux / ralentir'
<br>Panneau : <B>ФОРВОТЗЕН ЗОНА Forwotzen Zona</b> 'Zone Interdite'
<br>5 Policier, à Haddock qui sort de la voiture : <B>Hält! Ihn dzekhoujchz blaveh!</b> "Halte! Restez dans la voiture!"
<font color="#406040"><br><B>Dzekhoujchz</b> s'écrit en un seul mot, mais les mots apparentés et la signification sont indéniables : cf. néerlandais <i>koets</i> 'carrosse', <i>blijven</i> 'rester'. Comparez <b>dzapeih</b> et <b>dzoeteuïh</b> ci-dessous; c'est clair que l'article défini peut fusionner avec le mot suivant en syldave.</font>
<br>Notez aussi le verbe à la fin, ce qui donne un air très germanique.
<br>A Haddock, une question : <b>Ah? Döszt?</b> "Ah? Soif ?"
<br>A un autre policier : <B>On fläsz Klowaswa vüh dzapeih... Eih döszt!</b> "Une bouteille de l'eau de Klow pour ce type... Il [a] soif!"
<font color="#406040"><br>Je pensais d'abord que <i>vüh dzapeih</i> était '[de l']eau apportez.' Mais des néerlandophones ont suggéré <i>voor daarbij</i> 'pour tout près', <i>voor die pief</i> 'pour le mec', ou <i>voor da pei, voor de pee</i> 'pour le type' (en bruxellois). J'ai préferé le dernier en lieu de mon premier hypothèse, parce qu'il convient au contexte et offre une explication supérieure pour <i>dzapeih</i>.
<br>Certains de mes correspondants voient dans <i>eih</i> une abbréviation de <i>hij heeft</i> 'il a'— prononcé, on me renseigne, [E: e:] en marollien. Mais je ne vois pas tout à fait les deux éléments dans cet <i>eih</i>; et je ne veux point voir dans le syldave un fouillis d'abbréviations inexplicables. Je me doute que 'a' ne s'entend presque pas après 'il', et s'élide; comparez 'Il va lire' et 'Il va le lire' en français populaire.</font>
<br>6 Chauffeur, à Haddock, en expliquant pourquoi il y un hélicoptère qui bloque la route : <B>Kontzroll, Monzieu.</b> Probablement que <I>Monzieu</i> est <i>monsieur</i> dans un accent syldave. "Contrôle, monzieu."
<br>Policier, à l'agent dans la voiture : <B>Güdd.. Zrädjzmo... Zsálu endzoekhoszd...</b> "Bien... Continuez... A bientôt."
<font color="#406040"><br>Ma première hypothèse pour <i>endzoekhoszd</i> c'était 'vite' (néer. <i>inderhaast</i>). Les néerlandophones préfèrent lire <I>Salut en de kost</i>, qui veut dire (en langue familière) "Salut, à bientôt". Ça n'évoque guère le moyen de parler de la police, mais c'est le meilleur que nous ayons.
</font>
<br>Panneau : <B>ШАЛТ Halt!</B> Nous avons ceci comme <i>Hält</i> dans <I>Sceptre</i>.
<font color="#406040"><br>Hergé utilise la lettre cyrillique Ш <i>ch</i> pour H— un drôle de choix, surtout quand le syldave a le son ch (<b>sz</b>). Mais l'alphabet cyrillique n'a pas d' h, et Hergé estimait peut-être que nous ne nous renseignerions sur lui.</font>
<br>Un autre agent, au chauffeur : <B>Güdd! ...Zrädjzmo!... Zsoe ghounh dzoeteuïh ebb touhn...</b> "Bien!... Continuez!... Ils vont ouvrir les portes."
<font color="#406040"><br>Pour la première partie, les suggestions comprennent <i>Goed [zo]... Rijdt u maar</i> "Bon, continuez.", ou <i>Da's mooi</i> "C'est bon." Les traductions qui insèrent des coupures de mot à n'importe quel endroit me gênent, mais le lien à <i>rijden</i> 'conduire, aller' est irrésistible. Un indice inattendu vient de l'arumbaya dans <I>Tintin et les Picaros</i>, aussi dérivé du néerlandais bruxellois : <i>Fretmô</i> 'Mangez-en plus!'; cf. néer. <I>Vret maar</i>. Il paraît que <i>-mo</i> sert de clitique intensifiante, en arumbaya comme en syldave.
<br>Pour le reste, la meilleure suggestion est <I>Ze gaan de deur opendoen</i> "Ils vont ouvrir les portes." (Notez que <i>deur</i> est du genre commun; et 'ouvrir' est <i>openen</i>, <i>opendoen</i>, ou <i>opengaan</i> en néerlandais.) </font>
<br>Le chauffeur réplique, <B>Güdd! </b> "Bon!"
<br>12 <B>Zekrett Politzs</b> - police secrète
<h4>L'Affaire Tournesol (1956)</h4>
15 Paquet de cigarettes : <B>МАЗЕДОНИА ЛОЗКТЕХ /-ИХ СЗТОУМПЕХ Mazedonia, lozktekh, —ikh sztoumpekh, 20 zigarettes</b>-
<font color="#406040">Laissé tomber par un type en trench-coat gris, qui se révèle être bordure. Je le considère comme du syldave, néanmoins, parce que les bordures (comme on peut voir dans cet album) utilisent exclusivement l'alphabet romain. Cet espion bordure doit avoir un goût pour les clopes de l'ennemi.
<br>La signification de <i>lozktekh</i> et de <i>sztoumpekh</i> se cachent. Le dernier se rapporte peut-être au néerlandais <i>stomen</i> 'fumer' ou <i>stoemp</i> 'mégot'. Le premier vient peut-être
de l'allemand <i>lustig</i> 'gai', et (si on peut juger par le contexte) deviendrait en syldave 'plaisant'.
</font>
<br>30 Agent syldave, qui conduit Tournesol à l'eau : <B>Rapp! Noh dzem bûthsz!</b> "Vite! Au bateau!"
<h4>Noms propres</h4>
Personnes : <B>Sporowitch</b> (SO 5), <B>Kroïszvitch</b> (SO 6), <B>Schzlozitch</b> (SO 18), <B>Hveghi</b>, <B>Muskar</b> (SO 19); <b>Almazout</b>, <B>Ottokar</b>, <B>Staszrvich</b> (SO 21); <B>Trovik</b>, <B>Wizskiszek</b>, <B>Sirov</b> (SO 26); <B>Sprbodj</b> (SO 29); <B>Kromir</b> (SO 30); <B>Czarlitz</b> (SO 33); <B>Wladimir</b> (SO 39); <B>Müsstler</b> (SO 42— fusion des noms des dictateurs italien et allemand, selon Hergé); <B>Kaviarovitch</b> (SO 60); <B>Stany</b>, <B>Boldov</b> (AT 41)
<p>Lieux : <B>Wladir</b>, <B>Moltus</b> (SO 19; fleuves); <B>КЛОВ Klow</B>, <B>Kragoniedin</b>, <B>Zileheroum</b>, <B>Dbrnouk</b>, <B>Niedzdrow</b> (SO 19, OL 4; villes); <B>Zlop</b> (SO 27); <B>ЗЛІП Zlip</b> (SO 28; villes); <B>Kropow</b> (SO 30; château); <B>Istow</b> (SO 57; ville); <B>Douma</b> (SO 61; porte); <B>Klazdroje</b> (OL 2; rue); <B>ТЕСЗНІК Tesznik</B> (OL 4); <B>Sbrodj</b> (SO 3); <B>Zmyhlpathes</b> (OL 9; montagnes); <B>Zstopnohle</b> (OL 51; montagne)
<td width=10%>
</table>
<h3><IMG Align=Top width=14 height=14 SRC="redball.gif"> <A NAME="grammar">Une grammaire du syldave</a></h3>
<table>
<tr><td width=10%>
<td>
Par nécessité cette section comprend plus d'interprétation, bien que je l'aie fondée, autant que possible, sur les textes du Corpus. Je n'ai pas hésité ajouter des détails, quand cela me semblait nécessaire; des mots non attestés dans l'oeuvre Tintinesque apparaissent en <font color="$0000FF">bleu</font>.
<IMG Align=left width=177 height=183 SRC="tina.gif">
<h4><IMG Align=Top width=14 height=14 SRC="greenball.gif"> Affiliation génétique</h4>
Plusieurs ont supposé, en considérant sa phonologie, que le syldave appartennait aux langages slaves. Et bien sûr que le premier roi de Syldavie, Muskar, était Slave. Mais l'histoire comprend beaucoup de nations dont le peuple et le souverain ne partagent pas (ou ne partageaient pas) la même langue.
<p>Si l'on cherche des mots apparentés dans d'autres langues européennes, en sautant des mots internationaux et des noms propres, le résultat est frappant :
<br clear=left>
<table>
<tr><td><i>syldave</i></td>
<td><i>néerlandais</i></td>
<td><i>allemand</i></td>
<td><i>russe</i></td>
<td></td></tr>
<tr><td><b>bätczer</b></td> </td> <td>beter</td> <td>besser</td> <td>lutchche</td> <td><i>mieux</i></td></tr>
<tr><td><b>blaveh</b></td> <td>blijven</td> <td>bleiben</td> <td>udyerjivat'</td> <td><i>rester</i></td></tr>
<tr><td><b>bûthsz</b></td> <td>boot</td> <td>Boot</td> <td>lyotka</td> <td><i>bateau</i></td></tr>
<tr><td><b>dascz</b></td> <td>de</td> <td>das</td> <td></td> <td><i>le</i></td></tr>
<tr><td><b>döszt</b></td> <td>dorst</td> <td>Durst</td> <td>jajda </td> <td><i>soif</i></td></tr>
<tr><td><b>fläsz</b></td> <td>fles</td> <td>Flasche</td> <td>flyaga</td> <td><i>bouteille</i></td></tr>
<tr><td><b>forwotzen</b> </td> <td>verbieden</td> <td>verboten</td> <td>zaprechtchat'</td> <td><i>interdit</i></td></tr>
<tr><td><b>güdd</b></td> <td>goed</td> <td>gut</td> <td>dobryy</td> <td><i>bon</i></td></tr>
<tr><td><b>eih</b></td> <td>hij</td> <td>er</td> <td>on</td> <td><i>il</i></td></tr>
<tr><td><b>ek</b></td> <td>ik</td> <td>ich</td> <td>ya</td> <td><I>je</I></td></tr>
<tr><td><b>ihn</b></td> <td>in</td> <td>in</td> <td>v</td> <td><i>dans</i></td></tr>
<tr><td><b>kar</b></td> <td>koning</td> <td>König</td> <td>korol'</td> <td><i>roi</i></td></tr>
<tr><td><b>khoujchz</b></td> <td>koets</td> <td>Kutsche</td> <td>karyeta</td> <td><i>carrosse</i></td></tr>
<tr><td><b>kzommet</b></td> <td>komen</td> <td>kommen</td> <td>prittí</td> <td><i>venir</i></td></tr>
<tr><td><b>micz</b></td> <td>met</td> <td>mit</td> <td>s</td> <td><i>avec</i></td></tr>
<tr><td><b>muskh</b></td> <td>moed</td> <td>Mut</td> <td>mujestvo</td> <td><i>valeur</i></td></tr>
<tr><td><b>nietz</b></td> <td>niet</td> <td>nein</td> <td>nye</td> <td><i>ne pas</i></td> <td></td></tr>
<tr><td><b>omhz</b></td> <td>ons</td> <td>uns</td> <td>nas</td> <td><i>nous (obj.)</i></td></tr>
<tr><td><b>wertzragh</b></td> <td>vertragen</td> <td>verspäten</td> <td>zamyedlyat'</td> <td><i>ralentir</i></td></tr>
<tr><td><b>werkhven</b></td> <td>werken</td> <td>Werken</td> <td>rabotat'</td> <td><i>travaux</i></tr>
</table>
<p>L'évidence est claire : le syldave est une langue germanique, et non pas slave; il n'y a pas de cas (les noms propres à part) où il y a un mot apparenté slave sans équivalent germanique.
<p>L'influence slave sur le langage est évidemment importante, parce que la noblesse syldave était slave, et également à cause de l'emplacement géographique de la Syldavie. Les noms propres en syldave, par exemple, sont d'ordinaire slaves.
<p>Bien que la Syldavie se trouve dans les Balkans, les formes syldaves sont d'ordinaire plus proches du néerlandais que de l'allemand (cf. <i>güdd, nietz, wertzragh</i> ci-dessus). Hors du texte, la raison en est simple : quand il avait besoin de mots étrangers, Hergé se servait régulièrement du <B>marollien</b> (<i>Marols</i>), le dialecte flamand bruxellois que parlait sa grand-mère. (Un autre exemple est la ville arabe de Wadesdah— "Qu'est-ce que c'est que ça" en marollien; et comparez aussi l'arumbaya dans <I>L'oreille cassée.</i>)
<p>Quelques lecteurs concluent que le syldave <b>est</b> le marollien; mais c'est une exagération. Examinons de plus près la liste de mots apparentés ci-dessus : <i>eih, fläsz, forwotzen, muskh,</i> et <i>micz</i> sont plus proches à l'allemand qu'au néerlandais. Remarquez aussi la diversité des formes de l'article défini— <i>dascz, dze, dzem, dza, dzoe</i>— ce qui implique la déclension par cas et par genre, comme en allemand; l'article néerlandais n'a que deux formes, et ne décline pas par cas ou par nombre. Il y a aussi des emprunts évidents au français, tels que <i>czesztot, klebcz, gendarmaskaïa, adwicza, karrö, zrälùkz</i>.
<h4><IMG Align=Top width=14 height=14 SRC="greenball.gif"> Phonologie</h4>
<p>Le syldave a un inventaire ample de <b>consonnes</b>. Dans la translittération ordinaire :
<p>
<pre> lab dent alv vél uvul
<br>occlusive b p t d k g
<br>fricative f w s z sz zs kh gh h
<br>affriquée tz dz cz dj
<br>nasale m n
<br>liquide l
<br>approximante v r rz
<br>semivoyelle j</pre>
<p>La plupart de ces sons existent en français; seul l'orthographe (dont on parlera encore ci-dessous) est étrange pour les francophones.
<p><b>sz</b> et <b>zs</b> sont les fricatives alvéolaires ʃ ʒ écrites <i>ch</i> et <i>j</i> en français. Les affriquées voisines <b>cz</b> (aussi écrite <b>tcz</b> ou <b>tch</b>) et <b>dj</b> se prononcent <i>tch</i>, <i>dj</i>. Quelques linguistes considéreraient le <b>kz</b>, prononcé [ks], être un phonème.
<p><b>tz</b> se prononce /ts/, et <b>dz</b> n'est que l'équivalent sonore.
<font color="#406040"><p>J'ai pris l'interprétation de <i>zs</i> de l'hongrois, qui écrit ce son de cette façon-ci. <i>Sz</i> et <i>cz</i> s'interprètent comme en polonais; cette orthographe était commune dans l'Europe centrale; elle se conserve dans le mot anglais <i>Czech</i> (tchèque). L'orthographe <b>tch</b> (<B>Sporowitch</b>, qui imite le patronyme slave : Ivanovitch), est évidemment empruntée au français; vu que nous ne voyons <i>tch</i> que dans des mots propres nous pouvons le considérer comme une variante orthographique— je préfère l'interpréter ainsi, au lieu de dire qu' Hergé a dû éviter les exceptions, en écrivant <B>Sporowicz</b>. <b>tcz</b> ne s'atteste que dans <b>bätczer</b>; en remarquant que un <i>t</i> ne change pas le son d'un <i>cz</i>, nous pouvons identifiquer une autre variante orthographique— ou peut-être une consonne doublée.
<p>Comment interpréter <b>khoujchz</b> ? L'équivalent néerlandais <i>koets</i> ne suggère que l'existence d'une affriquée. <b>chz</b> n'est assurément pas la même chose que <b>tz</b>; c'est plus probablement (surtout quand nous avons déjà vu la variante <b>tch</b>) une autre forme de <b>cz</b>.</font>
<p><b>kh</b> (de temps en temps écrit <i>ch</i>) se prononce comme l'allemand <i>ch</i> dans <i>Bach</i>. L'équivalent sonore est <b>gh</b>.
<font color="#406040"><p>Le <b>gh</b> sonore /ɣ/ n'est pas très commun dans les langues européennes— il est plus courant dans les langues turques— mais c'est très bien indiqué par le modèle néerlandais: p.e., <i>vagebond</i> se prononce [vaɣebont]. La co-existence de mots tels que <b>ghounh</b>, <b><b>g</b>üdd</b> suggère que, à la différence du néerlandais, les /g/ et /ɣ/ contrastent en syldave.</font>
<p>Dans l'ancien syldave nous trouvons le /k/ écrit <b>c</b> : <b>eltcâr, cârrö.</b> Nous ne voyons pas cette convention dans les mots modernes, et je soupçonne qu'on utilise actuellement <b>k</b>, au moins pour les mots que l'on perçoit comme natifs.
<p>Comme en français, les phonèmes dentaux se prononcent contre les dents, ce qui produit un contraste fort entre p.e. <b>s</b> et <b>sz</b>, <b>tz</b> et <b>cz</b>.
<p>Le <b>r</b> se prononce roulé, mais avec un seule battement, comme dans l'espagnol, l'italien, ou le japonais; ce n'est pas le r grasseyé du français, ni l'r longuement roulé du provençal. Le <b>rz</b> est le r palatalisé du polonais (<i>rz</i>) ou du tchèque (Dvorak); aux oreilles françaises ça aura à peu près l'air de <i>rch</i>.
<p>Un point difficile : le <b>w</b> se prononce /v/, comme dans 'avoir', tandis que le <b>v</b> est une liquide bilabiale /β/, comme dans l'espagnol (d'Espagne) <i>la<b>v</b>ar</i>.
<font color="#406040"><p>Les phonèmes w et v sont une espèce d'énigme. Du mot <B>Klow</b>, donné dans tous les deux alphabets, nous voyons que <b>w</b> équivaut au B cyrillique, qui se prononce /v/ dans toutes les langues slaves; comparez aussi des emprunts comme <B>Wladimir</b>, et la prononciation de <i>w</i> en allemand et en polonais. Néanmoins nous voyons aussi <b>v</b>, par exemple dans <B>Hveghi</b>. La clé du mystère se présente dans la mot ЮЕРХВЕН 'travaux', apparenté à l'allemand <I>Werken</i>, pour lequel Hergé ne donne pas de translittération. En se rappellant des mots russes comme <i>soyuz</i>, il est tentant de lire /juerxven/; mais je crois que c'est une méprise de l'usage de la lettre <i>yu</i> en russe, où elle n'indique pas y + u, mais <b>une forme d' /u/</b> : en particulier, un /u/ qui suit une consonne palatalisée. La palatalisation n'est pas importante en syldave, mais 'une forme d' u' est le point clé. La meilleure interprétation des faits est que le Ю syldave est une approximante bilabiale /β/, comme dans l'espagnol <i>lavar</i>, et qu'il s'identifie avec le <b>v</b> vu dans les translittérations. Après une consonne, comme dans <B>Hveghi</b>, il est probable que le <b>v</b> devienne semi-voyelle : [hweɣi]. Notez aussi que le néerlandais comporte aussi la distinction /v/ vs. /β/, mais l'orthographe opposante : <i>v</i>, <i>w</i>.
<p>Dans deux mots (<b>bûthsz, Zmylpathes</b>) nous avons un digraphe <b>th</b>; je le prends comme variante orthographique de <b>t</b>, comme en français ou en allemand. Dans le dernier mot l'orthographe a évidemment été suggéré par celle des Carpates (l'anglais 'Carpathians'). Il n'y a pas de bonne explication pour le <i>th</i> de <i>bûthsz</i>; mais on peut formellement exclure une fricative. Les seules langues germaniques avec une fricative <i>th</i> sont l'anglais et l'islandais, et des listes de mots apparentés on voit clair que le syldave suit les autres langues germaniques : cf. <b>döszt, dze</b> vs. l'anglais 'thirst, the'.</font>
<p>Les <b>voyelles</b> sont:
<p><pre> d'avant centrale d'arrière
<br>hautes i,y ü u û
<br>cent e ö o ô
<br>bas ä a
</pre>
<p>La réalisation des voyelles d'avant est claire : comme en français et en allemand, <b>i</b> et <b>e</b> existent en formes soit arrondies, soit non arrondies (donc <b>ü</b> = fr. u, <b>ö</b> = fr. oe). L'interprétation de l' <b>ä</b> est incertaine : c'est peut-être un a arrondi, ou un a plus avancé [æ] comme l'anglais 'ask', ou (hypothèse que je préfère) il peut répresenter [ɛ] (le <b>e</b> de <i>bête</i>), comme en allemand.
<p>Nous ne savons pas comment se prononcent <b>û</b> et <b>ô</b>, surtout parce chacun n'apparaît que dans un mot (<b>bûthsz</b>, <b>khôr</b>). Je suggère û = une voyelle centrale, comme le <b>e</b> de <i>le</i> mais un peu plus haute; et ô = o ouvert, comme dans <i>donner</i>.
<p>Nous voyons aussi quelques instances de <b>ou, oe, y</b>. Le premier est peut-être un diphtongue, et le deuxième, une variante de <b>ö</b>. J'ai pris le <b>y</b> comme voyelle haute et relâchée /<font size=1>I</font>/, comme celle du néerlandais <i>pit</i>, mais ce n'est peut-être qu'une variante orthographique d' i.
<font color="#406040"><p>L'abondance des diacritiques et de variantes d'orthographe sont vraiment un défaut dans l'invention d'Hergé. Il aurait mieux fait de se fixer et de mettre au point tous les sons du syldave, au lieu de les inventer peu à peu. La manque de consistance ne gênera peut-être que les linguistes; mais il y a aussi un problème artistique : le lecteur ne saura pas comment prononcer le langage. </font>
<h4><IMG Align=Top width=14 height=14 SRC="greenball.gif"> <A NAME="ortho">Orthographe</a></h4>
<p>Dans l'époque médiévale les Syldaves écrivaient leur langue (germanique) en alphabet romain (voir par exemple le manuscrit du 14<sup><font size=-1>e</font></sup> siècle du <I>Sceptre d'Ottokar</i>). Et même actuellement dans les armoiries syldaves, la devise <i>Eih bennek, eih blavek</i> s'écrit en caractères romains (plus précisément, en ce qu'on appelle en allemand le Fraktur).
<p>Au présent, les Syldaves écrivent leur langue en utilisant l'alphabet cyrillique. Quand ils ont changé et pourquoi restent des mystères.
<p>Voici les consonnes syldaves dans les alphabets romains et cyrilliques :
<p><IMG Align=Top width=379 height=115 SRC="syldave.gif">
<p>Dans de certains cas (cz, tz) on se sert des digraphes à la place des caractères simples utilisés dans les langues slaves. Ceci ne s'explique qu'en supposant que la Syldavie ait d'abord utilisé l'alphabet romain, et que l'orthographe cyrillique se soit fondée sur lui.
<font color="#406040"><p>J'ai dû fournir quelques équivalents, pour des sons qu'Hergé n'a donné que dans l'alphabet romain.
L'usage de ЗС suit le modèle d'Hergé— les Syldaves avaient sans doute des raisons pour lesquelles ils évitaient les Ш <i>sha</i> et Ж <i>zhe</i> cyrilliques. Enfin je suggère gz comme translittération de <b>gh</b>; ça fournit un équivalent qui manque, et produit à la fois une prononciation plus plausible pour le mot <b>wertzragh</b>.
</font>
<h4><IMG Align=Top width=14 height=14 SRC="greenball.gif"> Les parties du discours</h4>
<p><b>Les noms</b>
<p>Les noms ont un genre, ou le <b>commun</b> ou le <b>neutre</b>. La plupart des noms, y compris la majeure partie de ceux qui réfèrent aux personnes ou aux animaux, sont du genre commun.
<p><B>Pluriels</b> : -<b>es</b> (<i>zigarettes</i>, <I>Zmyhlpathes</i>) et -<b>en</b> (<i>verkhwen</i>) se voient tous les deux.
<ul>
<li>Les mots les plus fréquents forment d'ordinaire le pluriel en -<b>en</b>: <b>klebcz<font color="$0000FF">en</font></b> 'chiens', <b>khôr<font color="$0000FF">en</font></b> 'khôrs', <b>fläsz<font color="$0000FF">en</font></b> 'bouteilles', <b>verkhwen</b> 'travaux'.
<li>Les emprunts ont un pluriel en -<b>es</b>: <b>zigarettes</b> 'cigarettes', <b>komitzäte<font color="$0000FF">s</font></b> 'comités'.
</ul>
<font color="#406040"><p>La postulation de deux genres en syldave s'est basée surtout sur les formes multiples de l'article défini.</font>
<p><b>Pronoms</b>
<blockquote>
<table>
<tr><td><p></td> <td>sujet</td> <td>compl.</td> <td>possessif</td></tr>
<tr>
<td>1s je</td>
<td><b>ek</b></td>
<td><b>ma</b> </td>
<td><b><font color="$0000FF">mejn</font></font></b></td></tr>
<tr><td>2s tu</td>
<td><b>dûs</b></td>
<td><b><font color="$0000FF">da</font></font></b></td>
<td><b><font color="$0000FF">dejn</font></font></b></td></tr>
<tr><td>3s il</td>
<td><b>eih</b></td>
<td><b>itd</b></td>
<td><b>yhzer</b></td></tr>
<tr><td>3s elle</td>
<td><b>zsoe</b> </td>
<td><b><font color="$0000FF">irz</font></b></td>
<td><b>yhzer</b></td></tr>
<tr><td>1p nous</td>
<td><b><font color="$0000FF">vei</font></b></td>
<td><b>ohmz</b></td> <td><b>ohmz</b></td></tr>
<tr><td>2p vous</td> <td></td></tr>
<tr><td>3p ils/elles</td>
<td><b>zsoe</b> </td>
<td><b><font color="$0000FF">khon</font></b></td>
<td><b><font color="$0000FF">khon</font></b></td></tr>
</table>
</blockquote>
<p>Les formes sujets servent, naturellement, pour le sujet d'une phrase :
<blockquote>
<p> <B>Eih döszt</b>. Il a soif.
<br><B>Ek nietz itd <font color="$0000FF">werlagh</font></b>. Je ne le veux pas.
</blockquote>
<p>Les formes complément s'utilisent pour le complément d'un verbe ou après une préposition :
<blockquote>
<p> <B>Wladimir <font color="$0000FF"> irz löwt</font></b>. Wladimir l'aime.
<br><B>Kzommet micz omhz</b>. Venez avec nous.
</blockquote>
<p>Les <b>pronoms démonstratifs</b> sont <b><font color="$0000FF">czei</font></b> 'ce, ceci', <b><font color="$0000FF">tot</font></b> 'ce, cela':
<blockquote>
<p><B>Eih <font color="$0000FF">czei</font> klebcz klöppta</b>. Il a frappé ce chien-ci.
<br><B><font color="$0000FF">Tot</font> eszt on döszt waghabontz</b>. Celui est un vagabond assoiffé.
<br><B>Tintin noh <font color="$0000FF">czei</font> bûthsz kzommet</b>. Tintin vient à ce bateau-ci.
<br><B>Hadok öpp <font color="$0000FF">tot</font> bûthsz fällta</b>. Haddock est tombé de ce bateau-là.
</blockquote>
<p>Des autres pronoms connus sont <b><font color="$0000FF">eihn</font></b> 'ici', <b><font color="$0000FF">daren</font></b> 'là', <b>eltkar</b> 'un autre, l'autre'.
<p><b><a name="articles">Articles</a></b>
<p>L'<b> article indéfini</b> est <b>on</b>.
<blockquote>
<p> <b>on klebcz</b> un chien
<br><b>on fläsz Klowaswa</b> une bouteille d'eau de Klow
</blockquote>
<p>Le pluriel est <b><font color="$0000FF">onegh</font></b>.
<blockquote>
<b><font color="$0000FF">onegh</font> klebcz<font color="$0000FF">en</font></b> des chiens, quelques chiens
<br><b><font color="$0000FF">onegh</font> fläsz<font color="$0000FF">en</font> Klowaswa</b> des/quelques bouteilles d'eau de Klow
</blockquote>
<p>L'<b> article défini</b> est décliné, comme en allemand.
<blockquote>
<table>
<tr><td></td> <td>m/f</td> <td>n</td> <td>pl</td> <td></tr>
<tr><td>nom </td> <td><b><font color="$0000FF">dze</font></b></td> <td><b>dascz</b></td> <td><b><font color="$0000FF">dzoe</font></b></td></tr>
<tr><td>acc</td> <td><b>dzem</b></td> <td><b>dascz</b></td> <td><b>dzoe</b></td></tr>
<tr><td>dat</td> <td><b>dze</b></td> <td><b>dza</b></td> <td><b><font color="$0000FF">dzem</font></b></td></tr>
<tr><td>gén</td> <td><b><font color="$0000FF">doscz</font></b></td> <td><b><font color="$0000FF">doscz</font></b></td> <td><b><font color="$0000FF">doscz</font></b></td></tr>
</table>
</blockquote>
<p>Les formes nominatives s'utilisent pour le sujet d'une phrase :
<br><b>Dzebûthsz wzryzkar vertraght.</b> Le bateau ralentit assurément.
<p>Les formes accusatives s'utilisent pour le complément direct (et après certains prépositions):
<blockquote>
<b>Dzem bûthsz <font color="$0000FF">werlagh</font> ek.</b> Je veux le bateau.
</blockquote>
<p>Les formes datives s'utilisent pour le complément indirect (et après certains prépositions). Comparez le français <i>au, à la, aux</i> :
<blockquote>
<b>Ek itd dzekönikstz <font color="$0000FF">werkop</font>ta.</b>
Je l'ai vendu au roi.
</blockquote>
<p>Les formes génitives s'utilisent dans les expressions de possession. Comparez le français <i>du, de la, des</i> :
<blockquote>
<b>Eih fällta öpp o kârrö <font color="$0000FF">doscz</font> bûthsz.</b>
Il est tombé sur le plancher du bateau.
</blockquote>
<p>Les formes qui terminent dans une voyelle s'attachent au mot qui suit : <b>dascz gendarmaskaïa</b> 'la gendarmerie', mais <b>dzoeteuïh</b> 'les portes'.
<font color="#406040">
<p>Les formes attestées sont:
<br><b>dâzsbíck</b> 'la chèvre' dans la chronique médiévale; apparemment neutre alors que nous attendrions le féminin.
Le <i>scz</i> final s'assimile à <i>zs</i> devant la consonne sonore qui le suit.
<br><b>noh dascz gendarmaskaïa</b> 'à la gendarmerie'
<br><b>noh dzem bûthsz</b>! 'au bateau!'; <i>Boot</i> est neutre en all. mais commun en néer.
<br><b>ihn dzekhoujchz</b> 'dans la voiture'; <I>Kutsche</i> est fem. en allemand, commun en néer.
<br><b>vüh dzapeih</b> 'pour le type' - on supposait que c'était du genre commun; mais dans ce cas ça devrait être <i>dze</i>; je le prends donc comme neutre (autrement inattesté)
<br><b>dzoeteuïh</b> '[ouvrir] les portes'; <i>deur</i> est commun en néer.
<p>Comparez l'allemand et l'ancien néerlandais :
<table>
<tr><td></td> <td>m</td> <td>f</td> <td>n</td> <td>pl</td> <td></td> <td>a. néer.</td></tr>
<tr><td>nom </td> <td><i>der</i></td> <td><i>die</i></td> <td><i>das</i></td> <td><i>die</i></td> <td></td> <td><i>die</i></td></tr>
<tr><td>acc</td> <td><i>de<i>n</i></i></td> <td><i>die</i></td> <td><i>das</i></td> <td><i>die</i></td> <td></td> <td><i>die<i>n</i></i></td></tr>
<tr><td>dat</td> <td><i>dem</i></td> <td><i>der</i></td> <td><i>dem</i></td> <td><i>de<i>n</i></i></td> <td></td> <td><i>die<i>n</i></i></td></tr>
<tr><td>gen</td> <td><i>des</i></td> <td><i>der</i></td> <td><i>des</i></td> <td><i>der</i></td> <td></td> <td><i>des</i></td></tr>
</table>
<p>Dans une époque passée le syldave a dû posséder une série de formes pareilles à celles de l'allemand. Il n'est pas difficile à voir ce qui s'est passé. Le -<i>r</i> final a disparu (-<i>r</i> n'est pas stable en syldave; comparez <b>döszt</b> avec l'angl. 'thirst', ou <b>vüh</b> avec 'for'), de même que le -<i>m</i> final. La distinction entre <i>de</i> et <i>die</i> s'est aussi perdu, et au même temps, peut-être, tout les deux se sont affriqués à <b>dze</b>. L'accusatif et génitif féminins ont dû aussi être <b>dze</b>; les formes <b>dzem</b> (de l'ancien <i>den</i>) et <b>doscz</b> (de <i>des</i>) se sont adoptés par analogie, ce qui a aboli les différences entre les deux genres. Avec la palatalisation de <i>das</i> dans le neutre, on a atteint le système actuel.
</font>
<p><b>Adjectifs</b>
<p>Les adjectifs précèdent les noms : <b>forwotzen zona</b> 'zone interdite'; <B>Zekrett Politzs</b> 'Police secrète'. Ils ne sont pas déclinés.
<p><font color="#406040">(En fait, il n'y a pas d'évidence suffisante pour savoir si les adjectifs changent de forme. Les règles du néerlandais sont compliquées.)</font>
<p>Notez la dérivation <B>Klow</b> > <B>Klowaswa</b>. Il y a certainement d'autres adjectivisations; comparez <B>Zyldav</b> 'syldave'.
<p>Les adjectifs peuvent modifier les verbes (ou, si vous voulez, les <b>adverbes</b> ont la même forme que l'adjectif corréspondant):
<blockquote>
<B><font color="$0000FF">Nadja</font> Wladimir zekrett <font color="$0000FF">löwt</font></b>.
Nadia aime secrètement Wladimir.
<br><b>Dzapeih wzryzkar eszt on vaghabontz.</b> Le type est sûrement un vagabond.
</blockquote>
<h4>Verbes: Conjugaison</h4>
<font color="#406040" size=-1>
<p>Formes attestées:
<br><b>bennek</b> - suis (avec pronom cliticisé)
<br><b>blavek </b>- 1s du présent de l'indicatif (avec pronom cliticisé)
<br><b>ghounh</b> - 3p du présent de l'indicatif
<br><b>forwotzen</b> - participe passé
<br><b>kzömmetz</b> - (<i>Czesztot bätczer yhzer kzömmetz noh dascz gendarmaskaïa?</i>) infinitif ("c'est mieux pour lui venir...") ou 3s du subjonctif ("mieux qu'il vienne...")
<br><b>kzommetz</b> - impératif (dirigé à 1 personne)
<br><b>touhn</b> - infinitif
<br><b>wertzragh</b> - impératif ou infinitif
<br><b>kzömmet</b> - impératif , nombre indéfini (à 1 personne). Pluriel = racine + -t en néerlandais!
<br><b>hält</b> - impératif , nombre indéfini (à 1 personne)
<br><b>zrälùkz</b> - impératif , nombre indéfini (à 1 personne)
<br><b>blaveh</b> - impératif , nombre indéfini (à 1 personne)
<br><b>zrädjzmo</b> - impératif , nombre indéfini (à 1 personne)
<br><b>ez</b> - es (2s du prés. de l'indic. d' 'être')
<br><b>eszt</b> - est (3s du prés. de l'indic. d' 'être')
<br><b>czäídâ</b> - a dit (3s du passé de l'indic.)
<br><b>pakkeho</b> - saisir (infinitif)
<br><b>klöppz</b> - frappe (3s du prés. de l'indic.)
<br><b>fällta</b> - est tombé (3s du prés. de l'indic.).
</font>
<p>Les verbes ont deux conjugaisons, dites forte et faible. La conjugaison <b>forte</b> :
<table>
<tr><td>Infinitif</td> <td><b><font color="$0000FF">blavn</font></b> 'rester'</td></tr>
<tr><td>Présent de l'indicatif</td> <td>1s <b><font color="$0000FF">blav</font></b>, 3s <b><font color="$0000FF">blavet</font></b>, 1p/3p <b><font color="$0000FF">blaven</font></b></td></tr>
<tr><td>Passé de l'indicatif</td> <td>s <b><font color="$0000FF">blev</font></b>, pl <b><font color="$0000FF">bleven</font></b></td></tr>
<tr><td>Subjonctif</td> <td>s <b><font color="$0000FF">blavetz</font></b>, pl <b><font color="$0000FF">blavendz</font></b></td></tr>
<tr><td>Impératif</td> <td>2s <b><font color="$0000FF">blaveh</font></b>, 2p <b><font color="$0000FF">blavet</font></b></td></tr>
<tr><td>Participes</td> <td>prés <b><font color="$0000FF">blavendz</font></b>, passé <b><font color="$0000FF">bleven</font></b></td></tr>
</table>
<br><p>Et la <b>faible</b> :
<table>
<tr><td>Infinitive</td> <td><b><font color="$0000FF">löwn</font></b> 'aimer'</td></tr>
<tr><td>Présent de l'indicatif</td> <td>1s <b><font color="$0000FF">löw</font></b>, 3s <b><font color="$0000FF">löwt</font></b>, 1p/3p <b><font color="$0000FF">löwen</font></b></td></tr>
<tr><td>Passé de l'indicatif</td> <td>s <b><font color="$0000FF">löwda</font></b>, pl <b><font color="$0000FF">löwenda</font></b></td></tr>
<tr><td>Subjonctif</td> <td>s <b><font color="$0000FF">löwetz</font></b>, pl <b><font color="$0000FF">löwendz</font></b></td></tr>
<tr><td>Impératif</td> <td>2s <b><font color="$0000FF">löweh</font></b>, 2p <b><font color="$0000FF">löwet</font></b></td></tr>
<tr><td>Participes</td> <td>prés <b><font color="$0000FF">löwendz</font></b>, passé <b><font color="$0000FF">löwen</font></b></td></tr>
</table>
<p>Les différences se voient dans le passé (formé par l'altération de la racine pour les verbes forts, et par l'addition de -<b>da</b> (-<b>ta</b> après une consonne sourde) pour les faibles) et dans le participe passé (qui pour les verbes forts partage la même l'altération de voyelle que celle du passé).
<p><font color="#406040">Les indices nous manquent pour la détermination des formes de la deuxième personne (tu, vous)— en effet, nous ne savons même pas si le <b>dûs</b> 'tu' médiévale subsiste. Je suggère qu'on utilise les formes de la première personne.</font>
<h4>Prépositions</h4>
<p>Prépositions connues :
<blockquote>
<b>ihn</b> dans
<br><b>micz</b> avec
<br><b>noh</b> à (mouvement vers)
<br><b>o</b> à (lieu), contre, de (sujet)
<br><b>öpp</b> au-dessus, de (mouvement au loin)
<br><b>vüh</b> pour
</blockquote>
<p>Fait curieux : les prépositions deviennent des <b>post</b>-positions avec les pronoms du 3s, en utilisant la forme spéciale <b>er</b> : p.e. <b>erom</b> 'à ou contre lui/elle', <b>ervüh</b> 'pour lui ou elle', etc.
<p>Les prépositions prenent d'ordinaire le datif, sauf quand il y a question d'un mouvement, quand l'accusatif s'impose. Il y a donc une différence sémantique entre :
<br><b>ihn dzekhoujchz</b> (dat.) (qqch. a lieu) dans la voiture
<br><b>ihn dzem khoujchz</b> (acc.) (qqch. entre ou mouve) dans la voiture
<p>Le corollaire est que certaines prépositions ne s'utilisent qu'avec un cas : p.e. <b>noh</b>, qui exprime toujours un mouvement, prend toujours l'accusatif; tandis que <b>o</b>, qui n'implique jamais un mouvement, est suivi toujours par le datif.
<p><font color="#406040">Je fonde cette description sur l'allemand, parce que le néerlandais (y compris le marollien!) n'a pas d'article défini décliné. Ça se tient avec les expressions prépositionelles dans le Corpus (voyez <a href="#articles">Articles</a>).</font>
<h4><IMG Align=Top width=14 height=14 SRC="greenball.gif"> Syntaxe</h4>
<p>Le verbe suit d'ordinaire le complément :
<blockquote>
<B>Ihn dzekhoujchz blaveh! </b> Restez dans la voiture!
<br><B>Ek <font color="$0000FF">mejn mädjek löw.</font></b> J'aime ma petite amie.
<br><B>On sprädj <font color="$0000FF">werlagh</font>.</b> Je veux du vin.
</blockquote>
<p>Où il y a un auxiliaire et un verbe principal, le verbe reste à la fin, mais l'auxiliaire se situe juste après le sujet :
<blockquote>
<B>Zsoe ghounh dzoeteuïh ebb touhn. </b>
Ils vont ouvrit les portes.
<br><b>Ek <font color="$0000FF">werlagh</font> ihn Klow blav<font color="$0000FF">n</font>. </b>
Je veux rester à Klow.
</blockquote>
<p>Dans le syldave plus vieux le pronom peut suivre le verbe, et on peut encore le mettre ainsi pour souligner sa pensée :
<blockquote>
<B>Eih bennek, eih blavek</b> Ici je suis, ici je reste. [orthographe médiévale]
<br><b>Wzryzkar kzomme ek!</b> Je viens, bien sûr!
</blockquote>
<p>On peut dire soit <b>Eih<font color="$0000FF">n</font> ben ek</b>, soit <b>Ek ben eih<font color="$0000FF">n</font></b>, mais jamais <i>*Eih<font color="$0000FF">n</font> ek ben</i>. En général on peut dire ou "X est Y" ou "Y est X". Quand X est un pronom, la forme "Y est X" est plus forte: <b>Güdd eszt itd</b>, 'Bon qu'il est.'
<p>Dans les phrases dans le Corpus avec <i>kzommet</i>, des expressions prépositionelles suivent le verbe. Mais la virgule indique que l'expression prépositionelle s'est déplacée afin de se souligner, ou comme une espèce de pensée après coup :
<blockquote>
<B>Kzommet micz omhz, noh dascz gendarmaskaïa!</b>
Venez avec nous, à la gendarmerie!
</blockquote>
<p>Les formes du verbe 'être' suivent directement le sujet :
<blockquote>
<B>Dzekönikstz eszt güdd.</b> Le roi est bon.
<br><B>Sbrodj eszt on forwotzen zona.</b> Sbrodj est une zone interdite.
<br><b>Dan dzetronn eszt ervüh.</b> Le trône est donc pour lui.
</blockquote>
<p>La forme fusionnée <b>czesztot</b> 'c'est' commence la phrase : <b>Czesztot Tintin.</b> "C'est Tintin."
<p><B>Négatifs</b>
<p>Pour mettre une phrase à la forme négative, on ajoute le particle <b>nietz</b> après le sujet, en position d'auxiliaire.
<blockquote>
<B>Müsstler nietz dzem könikstz <font color="$0000FF">löwt</font></b>.
Müsstler n'aime pas le roi.
</blockquote>
<p>Dans les phrases copulatives, <b>nietz</b> s'insère après le verbe (ou <b>czesztot</b>) :
<blockquote>
<B>Müsstler eszt nietz güdd.</b> Müsstler n'est pas bon.
<br><B>Czesztot wzryzkar nietz on waghabontz</b>!
Ce n'est sûrement pas un vagabond!
</blockquote>
<p><B>Questions</b>
<p>Les questions simples s'indiquent d'ordinaire par une inflection montante :
<blockquote>
<B>Dzekönikstz <font color="$0000FF">het</font> döszt?</b> Le roi a soif ?
<br><b>On klebcz fäll<font color="$0000FF">t</font>?</b> Un chien tombe ?
</blockquote>
<p>S'il y a un verbe auxiliaire, ou un verbe sans complément, on peut aussi invertir sujet et verbe :
<blockquote>
<b>Ben ek eih<font color="$0000FF">n</font>? Blav ek eih<font color="$0000FF">n</font>?</b> Suis-je ici ? Est-ce que je reste ici ?
<br><b>Ghounh Tintin noh Sbrodj kzömmen?</b> Tintin va-t-il à Sbrodj ?
</blockquote>
<p>Le seul pronom que nous savons c'est <b><font color="$0000FF">vazs</font></b> 'que':
<blockquote>
<p><b><font color="$0000FF">Vazs</font> eszt <font color="$0000FF">tot</font>? </b> Qu'est-ce que c'est?
</blockquote>
<td width=10%>
</table>
<h3><IMG Align=Top width=14 height=14 SRC="redball.gif"> <A NAME="lexicon">Lexique</a></h4>
<table>
<tr><td width=10%>
<td>
<IMG Align=left width=162 height=177 SRC="tinc.gif">
<p>Pour les verbes forts, le participe passé se donne en parenthèses.
<p><b>adwicza</b> - <i>n</i>. avis [du français]
<br><b>Almazout</b> - <i>n</i>. noble syldave, devenu Ottokar I<sup><font size=-1>er</font></sup>
<br><b>alpû</b> - <i>adv</i>. donc, puis, même [néer. <i>aldus</i> ?]
<br><b>amaïh!</b> - <i>v</i>. avé! [emprunt au bordure]
<br><b>bätczer</b> - <i>adv</i>. mieux [cf. néer. <i>beter</i>]
<br><b>ben</b> - <i>v</i>. (je) suis
<br><b>bíck</b> - <i>n</i>. fripon, bête [fr. <i>bique</i> 'chèvre']
<br><b>birûzn</b> - <i>n</i>. baron [<font color="#406040">de la version originale du text mediéval</font>]
<br><b>blav<font color="$0000FF">n</font></b> (<i>bleven</i>) - <i>v</i>. rester [cf. néer. <i>blijven</i>]
<br><b>bûthsz</b> - <i>n</i>.<i>n</i> bateau [cf. all. <i>Boot</i>]
<br><b>champ.</b> - abbréviation pour 'champignons'. <font color="#406040">(Il est possible que le restaurateur a simplement écrit l'addition en français; mais étant donné qu'il était syldave, il est aussi possible que le syldave a emprunté le mot au français.)</font>
<br><b>czaï<font color="$0000FF">gan</font></b> (<b>czaïda</b>) - <i>v</i>. dire [néer. <i>zeggen</i>;
<font color="#406040">comparez <i>cegan</i> dans la première version du texte mediéval</font>]
<br><b><font color="$0000FF">czei</font></b> - <i>pron, adj</i>. ce, ceci [fr. <i>ce</i>]
<br><b>czeilla</b> - <i>pron</i>. celui-là [du français]
<br><b>czesztot</b> - <i>phrase</i> c'est [<i>czei eszt tot</i>]
<br><b><font color="$0000FF">da</font></b> - <i>pron</i>. toi (acc.)
<br><b>dan</b> - <i>pron</i>. donc [néer. <i>dan</i>]
<br><b><font color="$0000FF">daren</font></b> - <i>pron</i>. là
<br><b>dascz</b> - <i>art</i>. le; voir <i>dze</i>
<br><B>Dbrnouk</b> - <i>n</i>. ville au sud de la Syldavie
<br><b><font color="$0000FF">dejn</font></b> - <i>pron</i>. ton, tien
<br><b>döszt</b> - <i>n, adj</i>. soif [cf. néer. <i>dorst</i>]
<br><B>Douma</b> - <i>n</i>. porte principale de la Syldavie
<br><b>dûs</b> - <i>pron</i>. tu [cf. all. <i>du</i>]
<br><b>dze</b> - <i>art</i>. le. Commun nom/dat <i>dze</i>, acc <i>dzem</i>; neutre nom/acc <i>dascz</i>, dat <i>dza</i>; pluriel nom/acc <i>dzoe</i>, dat <i><font color="$0000FF">dzem</font></i>. Génitif, toujours <i><font color="$0000FF">doscz</font></i>.
<br><b>ebb</b> - <i>adj</i>. ouvert;
<b>ebb touhn</b> <i>expr. verbale</i> ouvrir [litt. 'faire ouvert'; cf. néer. <i>opendaan</i>]
<br><b>ek</b> - <i>pron</i>. je
<br><b>eih</b> - <i>pron</i>. il, <i>archaic</i> ici
<br><b><font color="$0000FF">eihn</font></b> - <i>pron</i>. ici [de <i>eih ihn</i> 'ici-dedans', expression qui a remplaçé l'ancien <b>eih</b> 'here' après qu'il a incommodement fusionné avec <b>eih</b> 'il']
<br><b>elt<font color="$0000FF">k</font>ar</b> - <i>pron</i>. un autre (personne), l'autre [néer. <i>elkaar</i>]
<br><b>en</b> - <i>conj</i>. et [<font color="#406040">Pas directement attesté, mais se déduit de <b>endzoekhoszd</b>.</font> néer.<i>en</i>]
<br><b>endzoekhoszd</b> - <i>adv</i>. plus tard [cf. néer. bruxellois <i>en de kost</i>]
<br><b>er</b> - <i>pron</i>. lui, eux (<i>forme qui paraît avant une préposition</i>)
<br><b>fäll<font color="$0000FF">en</font></b> - <i>v</i>. tomber
<br><b>fläsz</b> - <i>n</i>. bouteille [cf. all. <i>Flasche</i>]
<br><b><font color="$0000FF">forwitzen</font></b> (<i>forwotzen</i>) - interdire [cf. all. <i>verboten</i>]
<br><b>forwotzen</b> - <i>part</i>. interdit
<br><b>gendarmaskaïa</b> - <i>n</i>. gendarmerie
<br><b>ghounh</b> - aller [cf. néer. <i>gaan</i>]
<br><b>güdd</b> - <i>adj</i>. bon
<br><B>Hält</b>! - <i>v</i>. halte!
<br><b>hamaïh!</b> - <i>v</i>. avé! [cf. anversois <i>amai</i>, expression d'étonnement, de surprise, de pitié, etc. - rôle que <i>hamaïh</i> peut accomplir aussi en syldave]
<br><b><font color="$0000FF">heben</font></b> - <i>v</i> avoir [cf. néer. <i>hebben</i>]. 3s prés de l'indic. <b><font color="$0000FF">het</font></b> tend à se perdre après un sujet qui termine dans une voyelle, p.e. <b>eih</b>.
<br><B>Hveghi</b> - <i>n</i>. Chef slave, s'est rebellé contre les Turcs, est devenu Muskar I<sup><font size=-1>er</font></sup>
<br><b>ihn</b> - <i>prep</i>. dans, en
<br><b><font color="$0000FF">irz</font></b> - <i>pron</i>. son, sa (à elle) [néer. <i>haar</i>, all. <i>ihr</i>]
<br><B>Istow</b> - <i>n</i>. ville syldave (à 56 km de Klow)
<br><b>itd</b> - <i>pron</i>. lui (acc.)
<br><b>kar</b> - <i>n</i>. roi
<br><b><font color="$0000FF">k</font>arrö</b> - <i>n</i>. plancher [fr. <i>carreau</i>]
<br><b><font color="$0000FF">khon</font></b> - <i>pron</i>. eux, leur [néer. <i>hun</i>]
<br><b>khôr</b> - <i>n</i>. monnaie syldave
<br><b>khoujchz</b> - <i>n</i>.<i>f</i>. voiture [cf. néer. <i>koets</i> 'carrosse'].
<br><b>klebcz</b> - <i>n</i>. chien [cf. fr. <i>clebs</i>, l'arabe <i>kalb</i>]
<br><b>kloho</b> - <i>n</i>. conquête
<br><b>klöpp<font color="$0000FF">en</font></b> - <i>v</i>. frapper
<br><B>Klow</b> - <i>n</i>. capitale de la Syldavie, à la confluence du Wladir et du Moltus [<i>kloho</i> + <i>ow</i>]
<br><B>Klowaswa</b> - <i>adj</i>. de Klow; <i>comme n</i>. eau minérale de Klow
<br><b>komitzät</b> - <i>n</i>. comité
<br><b>könikstz</b> - <i>n</i>. roi [néer. <i>koning</i>, all. <i>k</i>ö<i>nig</i>]
<br><b>kontrzoll</b> - <i>n</i>. contrôle
<br><B>Kragoniedin</b> - <i>n</i>. une ville réputée pour ses sources thermales
<br><B>Kropow</b> - <i>n</i>. chateau près de Klow, ou se garde le Trésor royal
<br><B>Kursaal</b> - <i>n</i>. salle de concerts
<br><b><font color="$0000FF">kzou</font></b> - <i>n</i>. vache [Du. <i>koe</i><font color="#406040">,
qui apparaît comme <i>coe</i> dans la version N/B du text mediéval;
je l'ai modifié d'après la forme de 'venir' et 'voiture'.</font>]
<br><b>kzömmen</b> - <i>v</i>. venir [néer. <i>komen</i>]
<br><b><font color="$0000FF">löwn</font></b> - <i>v</i>. aimer
<br><b>lapzâda</b> - <i>n</i>. sceptre
<br><b>lozktekh</b> - plaisant [all. <i>lustig</i>]
<br><b><font color="$0000FF">mädjek</font></b> - jeune fille, petite amie
<br><B>Mazedonia</b> - <i>n</i>. Macedoine
<br><b>ma</b> - <i>pron</i>. moi
<br><b><font color="$0000FF">mejn</font></b> - <i>pron</i>. mon, ma, mien
<br><b>micz</b> - <i>prep</i>. avec [all. <i>mit</i>]
<br>-<b>mo</b> - <i>particle</i> juste, seulement, en plus: <B>Zrädjzmo</b>! Continuez à conduire! Conduisez un peu! [néer. <i>maar</i>]
<br><B>Moltus</b> - <i>n</i>. deuxième fleuve de Syldavie
<br><B>Muskar</b> - <i>n</i>. nom de plusieurs rois de Syldavie, y compris le premier [muskh + kar]
<br><b>muskh</b> - <i>n</i>. valeur
<br><B>Niedzdrow</b> - <i>n</i>. ville sur le Wladir
<br><b>nietz</b> - <i>adv</i>. ne pas [néer. <i>niet</i> 'ne pas']
<br><b>noh</b> - <i>prep</i>. à (exprime mouvement) [cf. all. <i>nach</i>, néer. <i>naar</i>]
<br><b>o</b> - <i>prep</i>. à (lieu), (mouvement ou emplacement) contre, de (sujet) [l'ancien <b>ön</b>; néer. <i>om</i>]
<br><b>omhz</b> - <i>pron</i>. nous (acc.), notre [cf. all. acc/dat <i>uns</i>]
<br><b>on</b> - <i>art</i>. un [cf. néer. <i>een</i>]
<br><b><font color="$0000FF">onegh</font></b> - <i>art</i>. des (pluriel de <b>on</b>) [néer. <i>enige</i>]
<br><b>öpp</b> - <i>prep</i>. au-dessus, de (au loin de)
<br><B>Ottokar</b> - <i>n</i>. nom de plusieurs rois syldaves
<br><b>ow</b> - <i>n</i>. ville
<br><b>pakke<font color="$0000FF">n</font></b> - <i>v</i>. saisir [néer. <i>pakken</i>]
<br><b>peih</b> - <i>n.n.</i>. personne, type [bruxellois <i>pee</i> < fr. <i>père</i>. Le même mot français était emprunté dans l'époque médiévale comme <i>Pir.</i>]
<br><b>pir</b> - <i>n</i>. père [fr. <i>père</i>]
<br><b>politzs</b> - <i>n</i>. police
<br><b>pollsz</b> - <i>adj</i>. false, mauvais [néer. <i>vals</i>, all. <i>falsch</i>]
<br><b>rapp</b> - <i>adj</i>. vite, rapide [néer. belge <i>rap</i>]
<br><b>revolutzionär</b> - <i>adj</i>. revolutionnaire
<br><B>Sbrodj</b> - <i>n</i>. ville syldave, lieu du centre de recherche nucléaire d'où on a lançée la première expédition à la Lune
<br><B>Staszrvich</b> - <i>n</i>. noble syldave rebelle au temps d'Ottokar IV
<br><b>szcht</b> - <i>n</i>. silence!
<br><b>szlaszeck</b> - <i>n</i>. espèce de viande, dite (probablement juste pour rire) être du chien
<br><b>szprädj</b> - <i>n</i>. vin rouge [fr. <i>rouge</i>?]
<br><b>sztoumpekh</b> - ?? [néer. <i>stomen</i> 'fumer' ou <i>stoemp</i> 'mégot'?]
<br><b>szûbel</b> - <i>n</i>. tête
<br><B>Tesznik</b> - <i>n</i>. ville syldave
<br><b>teuïh</b> - <i>n</i>. porte [néer. <i>deur</i>]
<br><b>touhn</b> - <i>v</i>. faire [cf. néer. <i>doen</i>]
<br><b><font color="$0000FF">tot</font></b> - <i>pron</i>. <i>adj</i>. ce, cela [néer. <i>dat</i>; russe <i>tot</i>]
<br><b>tronn</b> - <i>n</i>. trône [néer. <i>troon</i>, fr. <i>trône</i>]
<br><b><font color="$0000FF">vazs</font></b> - <i>pron</i>. quoi, que [Du. <i>was</i>.
<font color="#406040">Apparaît comme <i>wazs</i>
dans la version N/B du texte mediéval, mais j'ai changé la première lettre
en imitant l'inversion syldave de w et de v.</font>]
<br><b><font color="$0000FF">vei</font></b> - <i>pron</i>. nous (nom.)
<br><b>verkhwen</b> - <i>n</i>. travaux (pl.) [cf. all. <I>Werken</i>]
<br><b>vüh</b> - <i>prep</i>. pour [l'ancien <b>pho</b>, sûrement prononcé <b><font color="$0000FF">fo</font></b>; cf. néer. <i>voor</i>]
<br><b>waghabontz</b> - <i>n</i>. vagabond
<br><b><font color="$0000FF">werkopen</font></b> - v. vendre [néer. <i>verkopen</i>]
<br><b><font color="$0000FF">werlagh</font></b> - <i>v</i>. vouloir, désirer [néer. <i>verlangen</i>]
<br><b>wertzragh</b> - <i>v</i>. ralentir [cf. néer. <i>vertragen</i>]
<br><B>Wladimir</b> - <i>n</i>. saint patron de Syldavie
<br><B>Wladir</b> - <i>n</i>. fleuve principale de Syldavie
<br><b>wzryzkar</b> - <i>adj</i>. sûr; <i>adv</i>. assurément [cf. néer. <i>voor zeker</i>]
<br><b>yhzer</b> - <i>poss</i>. <i>pron</i>. son, sa [cf. all. <i>ihrer</i>]
<br><b>zekrett</b> - <i>adj</i>. secret
<br><b>zentral</b> - <i>adj</i>. central
<br><B>Zepo</b> - Zekrett Politzs - <i>n</i>. Police secrète
<br><b>zigarettes</b> - <i>n. pl</i>. cigarettes
<br><B>Zileheroum</b> - <i>n</i>. Capitale turque de Syldavie, sur le Moltus; actuellement Klow
<br><B>Zlip</b> - <i>n</i>. ville syldave
<br><B>Zmyhlpathes</b> - <i>n</i>. une chaîne de montagnes dans la Syldavie [mélange de <i>Carpates</i> et <i>mille-pattes</i>]
<br><b>zona</b> - <i>n</i>. zone
<br><B>zrälùkz<font color="$0000FF">en</font></b> - <i>v</i>. regarder [cf. fr. <i>reluquer</i>, combinaison de <i>regarder</i> et du néer. moyen <i>locken</i> 'regarder']
<br><b>zrädjz<font color="$0000FF">en</font></b> - <i>v</i>. conduire, aller (à cheval ou en voiture) [cf. néer. <i>rijden</i>]
<br><b>zsálu</b> - <i>interj</i>. salut [du français]
<br><b>zsoe</b> - <i>pron</i>. elle, ils, elles [néer. <i>zij</i>]
<br><b><font color="$0000FF">zsoen</font></b> - <i>v</i>. être; verbe irrégulier: ben, ez, eszt... [néer. <i>zijn</i>]
<br><B>Zstopnohle</b> - <i>n</i>. nom n'une montagne près de Sbrodj
<br><B>Zyldav Zentral Revolutzionär Komitzät</b> - <i>n</i>. organisation fasciste avant la guerre
<br><B>Zyldav</b> - <i>adj</i>. syldave
<br><B><font color="$0000FF">Zyldavja</font></b> - <i>n</i>. Syldavie
<td width=10%>
</table>
<hr>
<p><img src="redball.gif">D'autres pages ici qui pourraient intéresser aux francophones :
<ul>
<li><a href="baudri.html">
De Baudrillard en Amérique</a> -
La vacuité du livre de Baudrillard sur l'Amérique.
<li><a href="eguide.html#frenchy">
Guide touristique à l'élection américaine 2000</a> -
Comment nous choisissons notre chef, dans notre tribu.
<li><a href="phrases.html"> L'anarcho-Assimil </a> -
Toutes les phrases dont le touriste aura besoin pour vraiment faire impression.
<li><a href="nombres.html"> Les numéraux d'un à dix en 4500 langues</a> -
Régler l'addition dans n'importe quel pays où vous vous trouvez.
<li><a href="frenchy.html"> Les BD européennes </a> -
On présente la BD aux ricains. En anglais, parler de ladite tribu.
<li><a href="frenchcult.html"> Êtes-vous français ? </a> -
Traité anthropologique sur les français.
En anglais afin de m'éviter des représailles.
Un ami français l'a écrit, ne m'en voulez pas.
</ul>
Et les amis néerlandophones de Tintin apprécieront la
<a href="http://bewoner.dma.be/Syldavie/begin.htm">Syldavië Online</a>, qui prétend être un guide à la Syldavie écrit par des syldaviens!
<hr>
<p><center><A HREF="default.html"><img src="home.gif" border=0 alt="Home"></A></center>
</BODY>
</HTML>