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<HTML> 

<HEAD><TITLE>Le Syldave d'Herg&eacute;</TITLE></HEAD> 

<BODY BGCOLOR="#DDDDFF">

<table><tr>
<td><IMG  Align=absmiddle width=215 height=195 SRC="tinb.gif"></td>
<td><font size=6><b> Le Syldave d'Herg&eacute;: 
                     <br>Une grammaire</b></font></td>
<td>&nbsp;
</tr><tr><td colspan=2>

<font size=-1>Les images de Tintin &copy; 1947, 1953, 1975, 1981 by Casterman.  R&eacute;produites avec l'accord aimable de la Fondation Herg&eacute;.</font>
<td width=15%>&nbsp;&nbsp;<A HREF="syldavian.html">[English]</a>

</tr></table>

<H3><IMG  Align=Top width=14 height=14 SRC="redball.gif"> Introduction</H3>

<table>
<tr><td width=10%>
<td>

<p>Les aventures de Tintin, par le remarquable artiste belge Herg&eacute;, divertissent tout le monde; pour le linguiste, elles offrent le charme additionnel de fournir un go&ucirc;t tentant d'une langue quasiment inconnue, le <b>syldave</b>.

<p>A ma connaissance, Herg&eacute; n'a jamais pr&eacute;sent&eacute; aucune esquisse grammaticale de ce langage, et des autres sources sur le syldave sont assez rares.  Je me suis permis donc d'arranger les faits connus sur cette langue fascinante.

<p>Il y a trois moyens diff&eacute;rents de lire ce document :

<ul>
<li>Tout simple, pour voir ce qui veulent dire les textes herg&eacute;ens en syldave.  Lire le <A HREF="#corpus">Corpus Annot&eacute;</a>, en sautant les sections en <font color="#406040">cette couleur</font>.

<li>Pour saisir le syldave comme un syst&egrave;me : phonologie, orthographe, morphologie, syntaxe.  Lire la  <A HREF="#grammar">Grammaire</A> et le <A HREF="#lexicon">Lexique</A>, en sautant les sections en <font color="#406040">cette couleur</font>.

<li>Comme une sorte de policier linguistique : suivre comment on a d&eacute;chiffr&eacute; les textes, quels sont les mots apparent&eacute;s, comment on a arrang&eacute; le r&eacute;sultat en syst&egrave;me coh&eacute;rent et plausible.  Lire les sections en <font color="#406040">cette couleur</font>.
</ul>

<p>Certaines de mes interpr&eacute;tations et interpolations seront sans doute inexactes; je ne connais pas le n&eacute;erlandais, langage qui s'impose (comment on le verra) dans ce travail, et j'ai d&ucirc; compter sur des correspondants n&eacute;erlandais et belges sur le R&eacute;seau.

<p>Je pr&eacute;sente aussi mes excuses pour mes fautes in&eacute;vitables de fran&ccedil;ais.

<p>Je recevrai des <a href=mailto:[email protected]>corrections</a> avec plaisir (mais s'il vous pla&icirc;t, ne me parlez pas du marollien; je m'en suis d&eacute;j&agrave; rendu compte).

<p>&#8212;Mark Rosenfelder

<td width=10%>
</table>

<h3><IMG  Align=Top width=14 height=14 SRC="redball.gif"> <A NAME="corpus">Le Corpus Annot&eacute;</a></h3>

<table>
<tr><td width=10%>
<td>

<p>Ci-dessous j'&eacute;num&egrave;re tout texte en syldave qui se trouve dans l'oeuvre tintinesque.  Toute les citations sont tir&eacute;es bien s&ucirc;r de la version fran&ccedil;aise.  Les traducteurs ont de temps en temps fait des alt&eacute;rations dans les textes&#8212; p.e. la version anglaise donne <i>politzski</i> au lieu de <b>gendarmaska&iuml;a</b>.

<p>Les translitt&eacute;rations suivent les &eacute;quivalents donn&eacute;s sous <A HREF="#ortho">Orthographe</A>.  Il est dommage que le html soit si d&eacute;meur&eacute; dans le domaine des scripts non-romains.

<p>Les noms propres se trouveront dans une section &agrave; part, apr&egrave;s les textes proprement dits.

<h4>Le Sceptre d'Ottokar (1947)</h4>

<p>4 <b>szlaszeck</b> esp&egrave;ce de viande, qu'on identifie (trompeusement, para&icirc;t-il) comme du chien; <b>szpr&auml;dj</b> sorte de vin rouge
<br>5 <b>kh&ocirc;r</b> monnaie syldave
<br>6 Addition manuscrite de restaurant : <B>1 Szlaszeck champ., 1 Szpr&auml;dj.</b>  "1 szlaszeck aux champignons, 1 vin rouge."
<br>19 <b>muskh</b> valeur</i>; 
<b>kar</b> roi;
<b>kloho</b> conqu&ecirc;te;
<b>ow</b> ville
<br>21 <B>Eih bennek, eih blavek</b> - devise syldave: &quot;Ici je suis, ici je reste.&quot;

<br><font color="#406040">On lit dans la brochure touristique syldave que la devise veut dire "&agrave; peu pr&egrave;s" : <I>Qui s'y frotte s'y pique</i>. 
Mais cette paraphrase n'est que la devise de la Lorraine, qui fait allusion &agrave; son embl&egrave;me, le chardon, et s'explique comme tentative de traduire l'expression en contexte fran&ccedil;ais (et en effet, la brochure cite ensuite la devise anglaise : <i>Honni soit qui mal y pense.</i>)   

<br>La signification exacte se voit dans le n&eacute;erlandais <i>Hier ben ik, hier blijf ik</i> &quot;Ici je suis, ici je reste&quot;, ce qui est sans doute la signification syldave, en confirmation de quoi je cite l'usage de <i>blaveh</i> 'rester' dans un album post&eacute;rieur.  Puisque nous avons aussi <i>eih</i> = 'il', il semblerait que 'ici' et 'il' (cf. n&eacute;er. <i>hier, hij</i>) aient fusionn&eacute; en syldave.  D'autre part, la devise est m&eacute;di&eacute;vale, et il est probable que, dans les si&egrave;cles d&eacute;puis Ottokar, on a trouv&eacute; quelque moyen d'&eacute;viter une homophonie aussi incommode.   </font>

<br>D'un manuscrit du XIV<sup>e</sup> si&egrave;cle, <I>Hauts faits d'Ottokar IV</I>:
<br>&quot;<B>Pir Ottokar, d&ucirc;s pollsz ez k&ouml;nikstz, dan tronn eszt pho m&acirc;.&quot; Czeill&acirc; cz&auml;&iacute;d&acirc; &ouml;n eltc&acirc;r alp&ucirc;, &quot;Kzommetz pakkeho lapz&acirc;da.&quot;  K&ouml;nikstz itd o alp&ucirc; kl&ouml;ppz : Staszrvitchz erom sz&ucirc;bel &ouml;.  D&acirc;zsb&iacute;ck f&auml;llta &ouml;pp o c&acirc;rr&ouml;.</b>

<IMG  Align=left width=276 height=125 SRC="tind.gif">
<br>&quot;P&egrave;re Ottokar, tu es faussement roi; le tr&ocirc;ne est pour moi.&quot;  Celui-l&agrave; dit donc &agrave; l'autre, &quot;Viens saisir le sceptre.&quot;  Le roi l'a frapp&eacute; donc, Staszrvitch, sur la t&ecirc;te.  Le fripon est tomb&eacute; sur le plancher.&quot;

<p><font color="#406040">Voici le passage le plus d&eacute;licat &agrave; traduire.  Je n'en avais gu&egrave;re d&eacute;chiffr&eacute; la moiti&eacute;, quand j'ai trouv&eacute; la traduction donn&eacute;e par Fr&eacute;d&eacute;ric Soumois dans son <i>Dossier Tintin</i> (1987) : &quot;'P&egrave;re Ottokar, tu es donc roi de la ville, alors le tr&ocirc;ne est pour moi.'  Celui-l&agrave; dit &agrave; l'autre.  'Viens prendre le sceptre.'  Et le roi frappa sur Staszrvitch d'un coup de sceptre, qui le fit tomber sur le carreau comme une bique.&quot;  

<p>Je me suis &eacute;cart&eacute; de M. Soumois &agrave; certains &eacute;gards.  
<ol>
<li>Je traduis <i>pollsz</i> comme 'false[ment]' (cf. all. <i>falsch</i>), ce qui est plus logique&#8212; si en r&eacute;alit&eacute; Staszrvitch r&eacute;connassait la royaut&eacute; d'Ottokar, il ne r&eacute;clamerait ensuite le tr&ocirc;ne.  
(On peut dire la m&ecirc;me chose de la lecture alternative 'roi des Polonais'.)
<li>Soumois traduit <i>alpu</i> comme 'sceptre'.  
(Le premier serait peut-&ecirc;tre <i>akpu</i>; mais la deuxi&egrave;me lettre ne s'&eacute;crit pas comme les autre <b>k</b> dans le texte).  
Cela est possible, bien qu'il ne peut pas donner un mot apparent&eacute;.  
N&eacute;anmoins, je pense que la lecture est plus coulante si on y voit
quelque particle connectif ou intensifiant.  Les mots apparent&eacute;s n&eacute;erlandais les plus proches que j'aie pu trouver sont <i>al te</i> 'aussi', <i>aldus</i> 'donc'.
<li>Je pr&eacute;f&egrave;re lire <i>lapz&acirc;da</i> = sceptre (admis, sans mot apparent&eacute;) et <i>sz&ucirc;bel</i> = t&ecirc;te, du contexte; des mots apparent&eacute;s possibles pour ce dernier sont l'anglais <i>scalp</i>, l'all. <I>Schopf</i> 'houppe, touffe', ou <i>cheveux</i>.
<li>La syntaxe &agrave; la fin de la traduction de Soumois me para&icirc;t un peu tordue, 
et ce sans raison : le texte (&agrave; partir de <i>D&acirc;zsb&iacute;ck</i>) est tr&egrave;s clair.
<li>'Bique' manque un peu de dignit&eacute; dans le contexte d'une chronique royale.  C'est peut-&ecirc;tre la signification &eacute;tymologique, mais le mot a &eacute;videmment chang&eacute; de sens.</ol>

<p>Pour <i>lapz&acirc;da</i> un correspondant sugg&egrave;re le n&eacute;erlandais <i>lap' zei hij</i> 'claque! dit-il' ou <i>lap' zei de</i> 'claque! dit de (roi)'.  J'en doute.  On peut donner une interpr&eacute;tation n&eacute;erlandaise en allant de syllabe en syllabe pour presque toute expression syldave; mais le r&eacute;sultat ne se tiendra peut-&ecirc;tre pas.  Remarquez que le contexte imm&eacute;diat est "Venez saisir &#8212;-", ce qui ne m&egrave;ne pas vraiment aux traductions sugg&eacute;r&eacute;es; et notez que nous avons d&eacute;j&agrave;  <i>cz&auml;&iacute;d&acirc;</i> 'a dit' dans ce m&ecirc;me passage.

<p>Yves Horeau interpr&egrave;te <i>&ouml;n eltc&acirc;r alp&ucirc;</i> comme
'&Agrave; chacun son tour le sceptre', en r&eacute;f&eacute;rant la premi&egrave;re partie au n&eacute;er.
<i>aan elkaar</i> (litt&eacute;ralement 'un autre').  C'est bien possible, 
mais le roi dirait-il &ccedil;a ?  Il entend aussi <i>lapz&acirc;da</i> comme
'a frapp&eacute;', ce qu'il est tr&egrave;s tentant, mais nous avons aussi <i>kl&ouml;ppz</i>
dans la m&ecirc;me phrase.

<p><IMG  Align=right SRC="tine.gif">
Dans la version en noir et en blanc de 1939, le texte est compl&egrave;tement diff&eacute;rent.
Yves Horeau a entrepris la t&acirc;che h&eacute;roique de le traduire.  Voici 
sa translit&eacute;ration et sa traduction :

<br><b>Pir cegan caillouz rgmopz aouidzl bir&ucirc;zn </b>
<br>"Le Petit P&egrave;re a entendu ce blanc-bec de baron blageur dire,
<br><b>konigzx &uuml; szrigt daon tron es fou maat </b>
<br>'J'ai le droit d'&ecirc;tre roi, donce le tr&ocirc;ne est pour moi!'
<br><b>wazs ceg de xzliele coe  </b>
<br>'Qu'est-ce que tu dis, sale vache ?' 
<br><b>gnrufinz shakas turxz atre  </b>
<br>'Que ce soit &agrave; chacun son tour d'avoir le sceptre!' 
<br><b>comurr tur sblsalcomuder  </b>
<br>'Viens ici, toi, prendre ma place!'
<br><b>en nsoc&ouml;drugt lapzszrazdzeu kz&ouml;enig u zgaf se nez </b>
<br>Et le roi le frappa avec le sceptre sur le nez, 
<br><b>cl&ouml;rp op de pi etendzantecz dazs bic oms car. </b>
<br>le coup &eacute;tendant &agrave; ses pieds cette bique sur le carreau."

<p>Ceci est au long correct, a mon avis (except&eacute;s quelques mots).
Dans cette premi&egrave;re version, curieusement argotique, 
Herg&eacute; a trouv&eacute; l'&eacute;xotisme principalement dans l'insertion de lettres inattendues
(p.e. <i>aouirdzl</i> pour <i>a ou&iuml;</i>), &agrave; la place des accents et tr&eacute;mas.
</font>

<p>24 Un paysan, en regardant Milou qui tombe du ciel : <B>Zr&auml;l&ugrave;kz</b>!  &quot;Regarde!&quot;
<br>Le paysan, en indiquant du doigt, pendant que Milou atterrit: <B>Czesztot on klebcz</b>!  &quot;C'est un chien!&quot;  La version n&eacute;erlandaise donne <i>Czesztot on Foxsz</i>, allusion au fait que Milou est un fox-terrier.  

<font color="#406040"><br><i>Czesztot</i> pourrait &ecirc;tre soit <I>Zie's dat</i> &quot;Regarde &ccedil;a&quot;, soit <i>'t is dat</i> &quot;C'est &ccedil;a&quot;, soit <i>'t is toch</i> &quot;C'est s&ucirc;rement&quot;, soit le fran&ccedil;ais <i>c'est</i>.  La signification (ici et dans le texte suivant) s'accorde mieux avec la d&eacute;rivation du fran&ccedil;ais.</font>

<br>Dans la version de 1939, l'autre paysan r&eacute;pond, <b>Hama&iuml;h!...</b>  "Par..."
<font color="#406040"><br>Il n'est pas difficile voir ci-dedans l'&eacute;quivalent syldave du bordure <i>ama&iuml;h</i> "salut!", que l'on utilise ici sans doute comme un juron ou une exclamation de surprise.</font>

<br>25 Le paysan, en discutant avec son ami l'arriv&eacute;e de Tintin : <B>Czesztot wzryzkar nietz on waghabontz!  Czesztot b&auml;tczer yhzer kz&ouml;mmetz noh dascz gendarmaska&iuml;a?</b>  &quot;Ce n'est assur&eacute;ment pas un vagabond!  Ne serait-il mieux qu'il vienne avec nous &agrave; la gendarmerie ?&quot;
<br><font color="#406040">Dans la version de 1939, quelques mots s'&eacute;crivent diff&eacute;remment : <b>waghabont, yhzr, kzommet</b> (el il y a un circumflexe renvers&eacute; sur de quelques <b>o</b>).</font>
<br>Le m&ecirc;me paysan, &agrave; Tintin: <B>Kzommet micz omhz, noh dascz gendarmaska&iuml;a! </b> &quot;Viens [Venez?] avec nous, &agrave; la gendarmerie!&quot; 
<br>Enseigne sur la gendarmerie:  <b>&#x0413;&#x0415;&#x041d;&#x0414;&#x0410;&#x0420;&#x041c;&#x0410;&#x0421;&#x041a;&#x0410;&#x0418;&#x0410; Gendarmaska&iuml;a</b>.  
<br>26 Sur un mur nous voyons un <b>&#x0410;&#x0414;&#x0412;&#x0418;&#x0427;&#x0410; advicza</b>&#8212; un avis.
<br>28 <B>Kursaal</b> salle de concerts
<br>41 Enseigne (partiellement obscurcie): <B>&#x041f;&#x0420;&#x0410;&#x0422;&#x041d;- &#x0417;&#x0406;&#x0413;&#x0410;&#x0420;&#x0415;- PRATN&#8212; ZIGARE</B>&#8212; .  &quot;(mot inconnu).  Cigarettes.&quot;
<br>Le premier 3 (<b>z</b>) est &eacute;crit en revers, sans doute une faute d'Herg&eacute;, puisque la lettre appara&icirc;t exactement dans le mot <b>zigarettes</b> dans <I>L</I>'<i>Affaire Tour<i>n</i>esol</i>.
<br>42 <b>Ama&iuml;h!</b>  Dans <I>L'affaire Tournesol</i> on salue le dictateur : <i>Ama&iuml;h Plekszy-Gladz!</i>  Dans ce cas le mot est probablement emprunt&eacute; au bordure.
<br>60 <B>Zyldav Zentral Revolutzion&auml;r Komitz&auml;t</b>, L'organisation de M&uuml;sstler : &quot;Comit&eacute; syldave central revolutionnaire&quot;, bien s&ucirc;r.
<br><font color="#406040">Il se traite peut-&ecirc;tre du bordure ?  Possible : mais notez le bordure <i>zservis</i> 'service' (dans <I>L'affaire Tournesol</i>), contre le syldave <i>zekrett</i>.  Vraisemblablement que <i>zentral</i> est le syldave; le bordure serait <i>zsentral</i>.</font>
<br>61 <B>Szcht</b>! - silence!

<h4>Objectif Lune (1953)</h4>

3 <B>Zepo</b>, abbr&eacute;viation pour la police secr&egrave;te
<br>Panneau : <b>&#x042e;&#x0415;&#x0420;&#x0425;&#x0412;&#x0415;&#x041d; / &#x0412;&#x0415;&#x0420;&#x0422;&#x0417;&#x0420;&#x0410;&#x0413;&#x0417; Verkhwen / Wertzragh</b> 'Travaux / ralentir'
<br>Panneau : <B>&#x0424;&#x041e;&#x0420;&#x0412;&#x041e;&#x0422;&#x0417;&#x0415;&#x041d; &#x0417;&#x041e;&#x041d;&#x0410; Forwotzen Zona</b> 'Zone Interdite'
<br>5 Policier, &agrave; Haddock qui sort de la voiture : <B>H&auml;lt!  Ihn dzekhoujchz blaveh!</b>  &quot;Halte!  Restez dans la voiture!&quot;  
<font color="#406040"><br><B>Dzekhoujchz</b> s'&eacute;crit en un seul mot, mais les mots apparent&eacute;s et la signification sont ind&eacute;niables : cf. n&eacute;erlandais <i>koets</i> 'carrosse', <i>blijven</i> 'rester'.  Comparez <b>dzapeih</b> et <b>dzoeteu&iuml;h</b> ci-dessous; c'est clair que l'article d&eacute;fini peut fusionner avec le mot suivant en syldave.</font>
<br>Notez aussi le verbe &agrave; la fin, ce qui donne un air tr&egrave;s germanique.
<br>A Haddock, une question : <b>Ah?  D&ouml;szt?</b>  &quot;Ah?  Soif ?&quot;
<br>A un autre policier : <B>On fl&auml;sz Klowaswa v&uuml;h dzapeih... Eih d&ouml;szt!</b>  &quot;Une bouteille de l'eau de Klow pour ce type... Il [a] soif!&quot;  

<font color="#406040"><br>Je pensais d'abord que <i>v&uuml;h dzapeih</i> &eacute;tait '[de l']eau apportez.'  Mais des n&eacute;erlandophones ont sugg&eacute;r&eacute; <i>voor daarbij</i> 'pour tout pr&egrave;s', <i>voor die pief</i> 'pour le mec', ou <i>voor da pei, voor de pee</i> 'pour le type' (en bruxellois).  J'ai pr&eacute;fer&eacute; le dernier en lieu de mon premier hypoth&egrave;se, parce qu'il convient au contexte et offre une explication sup&eacute;rieure pour  <i>dzapeih</i>. 

<br>Certains de mes correspondants voient dans <i>eih</i> une abbr&eacute;viation de <i>hij heeft</i> 'il a'&#8212; prononc&eacute;, on me renseigne, [E: e:] en marollien.  Mais je ne vois pas tout &agrave; fait les deux &eacute;l&eacute;ments dans cet <i>eih</i>; et je ne veux point voir dans le syldave un fouillis d'abbr&eacute;viations inexplicables.  Je me doute que 'a' ne s'entend presque pas apr&egrave;s 'il', et s'&eacute;lide; comparez 'Il va lire' et 'Il va le lire' en fran&ccedil;ais populaire.</font>

<br>6 Chauffeur, &agrave; Haddock, en expliquant pourquoi il y un h&eacute;licopt&egrave;re qui bloque la route : <B>Kontzroll, Monzieu.</b>  Probablement que <I>Monzieu</i> est <i>monsieur</i> dans un accent syldave.  &quot;Contr&ocirc;le, monzieu.&quot;
<br>Policier, &agrave; l'agent dans la voiture : <B>G&uuml;dd.. Zr&auml;djzmo... Zs&aacute;lu endzoekhoszd...</b>  &quot;Bien... Continuez... A bient&ocirc;t.&quot;

<font color="#406040"><br>Ma premi&egrave;re hypoth&egrave;se pour <i>endzoekhoszd</i> c'&eacute;tait 'vite' (n&eacute;er. <i>inderhaast</i>).  Les n&eacute;erlandophones pr&eacute;f&egrave;rent lire <I>Salut en de kost</i>, qui veut dire (en langue famili&egrave;re) &quot;Salut, &agrave; bient&ocirc;t&quot;.  &Ccedil;a n'&eacute;voque gu&egrave;re le moyen de parler de la police, mais c'est le meilleur que nous ayons.
</font>

<br>Panneau : <B>&#x0428;&#x0410;&#x041b;&#x0422; Halt!</B>  Nous avons ceci comme <i>H&auml;lt</i> dans <I>Sceptre</i>. 
<font color="#406040"><br>Herg&eacute; utilise la lettre cyrillique &#x0428; <i>ch</i> pour H&#8212; un dr&ocirc;le de choix, surtout quand  le syldave a le son ch (<b>sz</b>).  Mais l'alphabet cyrillique n'a pas d' h, et Herg&eacute; estimait peut-&ecirc;tre que nous ne nous renseignerions sur lui.</font>
<br>Un autre agent, au chauffeur : <B>G&uuml;dd! ...Zr&auml;djzmo!... Zsoe ghounh dzoeteu&iuml;h ebb touhn...</b> &quot;Bien!... Continuez!... Ils vont ouvrir les portes.&quot;  

<font color="#406040"><br>Pour la premi&egrave;re partie, les suggestions comprennent <i>Goed [zo]... Rijdt u maar</i> &quot;Bon, continuez.&quot;, ou <i>Da's mooi</i> &quot;C'est bon.&quot;  Les traductions qui ins&egrave;rent des coupures de mot &agrave; n'importe quel endroit me g&ecirc;nent, mais le lien &agrave; <i>rijden</i> 'conduire, aller' est irr&eacute;sistible.   Un indice inattendu vient de l'arumbaya dans <I>Tintin et les Picaros</i>, aussi d&eacute;riv&eacute; du n&eacute;erlandais bruxellois : <i>Fretm&ocirc;</i> 'Mangez-en plus!'; cf. n&eacute;er. <I>Vret maar</i>.  Il para&icirc;t que <i>-mo</i> sert de clitique intensifiante, en arumbaya comme en syldave.
<br>Pour le reste, la meilleure suggestion est <I>Ze gaan de deur opendoen</i> &quot;Ils vont ouvrir les portes.&quot;  (Notez que <i>deur</i> est du genre commun; et 'ouvrir' est <i>openen</i>, <i>opendoen</i>, ou <i>opengaan</i> en n&eacute;erlandais.)  </font>

<br>Le chauffeur r&eacute;plique, <B>G&uuml;dd! </b> &quot;Bon!&quot;
<br>12 <B>Zekrett Politzs</b> - police secr&egrave;te

<h4>L'Affaire Tournesol (1956)</h4>

15 Paquet de cigarettes : <B>&#x041c;&#x0410;&#x0417;&#x0415;&#x0414;&#x041e;&#x041d;&#x0418;&#x0410; &#x041b;&#x041e;&#x0417;&#x041a;&#x0422;&#x0415;&#x0425; /-&#x0418;&#x0425; &#x0421;&#x0417;&#x0422;&#x041e;&#x0423;&#x041c;&#x041f;&#x0415;&#x0425;   Mazedonia, lozktekh, &#8212;ikh sztoumpekh, 20 zigarettes</b>- 

<font color="#406040">Laiss&eacute; tomber par un type en trench-coat gris, qui se r&eacute;v&egrave;le &ecirc;tre bordure.  Je le consid&egrave;re comme du syldave, n&eacute;anmoins, parce que les bordures (comme on peut voir dans cet album) utilisent exclusivement l'alphabet romain.  Cet espion bordure doit avoir un go&ucirc;t pour les clopes de l'ennemi.  
<br>La signification de <i>lozktekh</i> et de <i>sztoumpekh</i> se cachent.  Le dernier se rapporte peut-&ecirc;tre au n&eacute;erlandais <i>stomen</i> 'fumer' ou <i>stoemp</i> 'm&eacute;got'.  Le premier vient peut-&ecirc;tre
de l'allemand <i>lustig</i> 'gai', et (si on peut juger par le contexte) deviendrait en syldave 'plaisant'.
</font>
<br>30 Agent syldave, qui conduit Tournesol &agrave; l'eau : <B>Rapp!  Noh dzem b&ucirc;thsz!</b>  &quot;Vite!  Au bateau!&quot;

<h4>Noms propres</h4>

Personnes : <B>Sporowitch</b> (SO 5), <B>Kro&iuml;szvitch</b> (SO 6), <B>Schzlozitch</b> (SO 18), <B>Hveghi</b>, <B>Muskar</b> (SO 19); <b>Almazout</b>, <B>Ottokar</b>, <B>Staszrvich</b> (SO 21); <B>Trovik</b>, <B>Wizskiszek</b>, <B>Sirov</b> (SO 26); <B>Sprbodj</b> (SO 29); <B>Kromir</b> (SO 30); <B>Czarlitz</b> (SO 33); <B>Wladimir</b> (SO 39); <B>M&uuml;sstler</b> (SO 42&#8212; fusion des noms des dictateurs italien et allemand, selon Herg&eacute;); <B>Kaviarovitch</b> (SO 60); <B>Stany</b>, <B>Boldov</b> (AT 41)

<p>Lieux : <B>Wladir</b>, <B>Moltus</b> (SO 19; fleuves); <B>&#x041a;&#x041b;&#x041e;&#x0412; Klow</B>, <B>Kragoniedin</b>, <B>Zileheroum</b>, <B>Dbrnouk</b>, <B>Niedzdrow</b> (SO 19, OL 4; villes); <B>Zlop</b> (SO 27); <B>&#x0417;&#x041b;&#x0406;&#x041f; Zlip</b> (SO 28; villes); <B>Kropow</b> (SO 30; ch&acirc;teau); <B>Istow</b> (SO 57; ville); <B>Douma</b> (SO 61; porte); <B>Klazdroje</b> (OL 2; rue); <B>&#x0422;&#x0415;&#x0421;&#x0417;&#x041d;&#x0406;&#x041a; Tesznik</B> (OL 4); <B>Sbrodj</b> (SO 3); <B>Zmyhlpathes</b> (OL 9; montagnes); <B>Zstopnohle</b> (OL 51; montagne)

<td width=10%>
</table>

<h3><IMG  Align=Top width=14 height=14 SRC="redball.gif"> <A NAME="grammar">Une grammaire du syldave</a></h3>

<table>
<tr><td width=10%>
<td>

Par n&eacute;cessit&eacute; cette section comprend plus d'interpr&eacute;tation, bien que je l'aie fond&eacute;e, autant que possible, sur les textes du Corpus.  Je n'ai pas h&eacute;sit&eacute; ajouter des d&eacute;tails, quand cela me semblait n&eacute;cessaire; des mots non attest&eacute;s dans l'oeuvre Tintinesque apparaissent en <font color="$0000FF">bleu</font>.   

<IMG  Align=left width=177 height=183 SRC="tina.gif">
<h4><IMG  Align=Top width=14 height=14 SRC="greenball.gif"> Affiliation g&eacute;n&eacute;tique</h4>

Plusieurs ont suppos&eacute;, en consid&eacute;rant sa phonologie, que le syldave appartennait aux langages slaves.  Et bien s&ucirc;r que le premier roi de Syldavie, Muskar, &eacute;tait Slave.  Mais l'histoire comprend beaucoup de nations dont le peuple et le souverain ne partagent pas (ou ne partageaient pas) la m&ecirc;me langue.

<p>Si l'on cherche des mots apparent&eacute;s dans d'autres langues europ&eacute;ennes, en sautant des mots internationaux et des noms propres, le r&eacute;sultat est frappant :
<br clear=left>

<table>
<tr><td><i>syldave</i></td> 
<td><i>n&eacute;erlandais</i></td> 
<td><i>allemand</i></td> 
<td><i>russe</i></td> 
<td></td></tr>

<tr><td><b>b&auml;tczer</b></td> </td> <td>beter</td> <td>besser</td> <td>lutchche</td> <td><i>mieux</i></td></tr>
<tr><td><b>blaveh</b></td> <td>blijven</td> <td>bleiben</td> <td>udyerjivat'</td> <td><i>rester</i></td></tr>
<tr><td><b>b&ucirc;thsz</b></td> <td>boot</td> <td>Boot</td> <td>lyotka</td> <td><i>bateau</i></td></tr>
<tr><td><b>dascz</b></td> <td>de</td> <td>das</td> <td></td> <td><i>le</i></td></tr>
<tr><td><b>d&ouml;szt</b></td> <td>dorst</td> <td>Durst</td> <td>jajda   </td> <td><i>soif</i></td></tr>
<tr><td><b>fl&auml;sz</b></td> <td>fles</td> <td>Flasche</td> <td>flyaga</td> <td><i>bouteille</i></td></tr>
<tr><td><b>forwotzen</b> </td> <td>verbieden</td> <td>verboten</td> <td>zaprechtchat'</td> <td><i>interdit</i></td></tr>
<tr><td><b>g&uuml;dd</b></td> <td>goed</td> <td>gut</td> <td>dobryy</td> <td><i>bon</i></td></tr>
<tr><td><b>eih</b></td> <td>hij</td> <td>er</td> <td>on</td> <td><i>il</i></td></tr>
<tr><td><b>ek</b></td> <td>ik</td> <td>ich</td> <td>ya</td> <td><I>je</I></td></tr>
<tr><td><b>ihn</b></td> <td>in</td> <td>in</td> <td>v</td> <td><i>dans</i></td></tr>
<tr><td><b>kar</b></td> <td>koning</td> <td>K&ouml;nig</td> <td>korol'</td> <td><i>roi</i></td></tr>
<tr><td><b>khoujchz</b></td> <td>koets</td> <td>Kutsche</td> <td>karyeta</td> <td><i>carrosse</i></td></tr>
<tr><td><b>kzommet</b></td> <td>komen</td> <td>kommen</td> <td>pritt&iacute;</td> <td><i>venir</i></td></tr>
<tr><td><b>micz</b></td> <td>met</td> <td>mit</td> <td>s</td> <td><i>avec</i></td></tr>
<tr><td><b>muskh</b></td> <td>moed</td> <td>Mut</td> <td>mujestvo</td> <td><i>valeur</i></td></tr>
<tr><td><b>nietz</b></td> <td>niet</td> <td>nein</td> <td>nye</td> <td><i>ne pas</i></td> <td></td></tr>
<tr><td><b>omhz</b></td> <td>ons</td> <td>uns</td> <td>nas</td> <td><i>nous (obj.)</i></td></tr>
<tr><td><b>wertzragh</b></td> <td>vertragen</td> <td>versp&auml;ten</td> <td>zamyedlyat'</td> <td><i>ralentir</i></td></tr>
<tr><td><b>werkhven</b></td> <td>werken</td> <td>Werken</td> <td>rabotat'</td> <td><i>travaux</i></tr>
</table>

<p>L'&eacute;vidence est claire : le syldave est une langue germanique, et non pas slave; il n'y a pas de cas (les noms propres &agrave; part) o&ugrave; il y a un mot apparent&eacute; slave sans &eacute;quivalent germanique.

<p>L'influence slave sur le langage est &eacute;videmment importante, parce que la noblesse syldave &eacute;tait slave, et &eacute;galement &agrave; cause de l'emplacement g&eacute;ographique de la Syldavie.  Les noms propres en syldave, par exemple, sont d'ordinaire slaves.

<p>Bien que la Syldavie se trouve dans les Balkans, les formes syldaves sont d'ordinaire plus proches du n&eacute;erlandais que de l'allemand (cf. <i>g&uuml;dd, nietz, wertzragh</i> ci-dessus).  Hors du texte, la raison en est simple : quand il avait besoin de mots &eacute;trangers, Herg&eacute; se servait r&eacute;guli&egrave;rement du <B>marollien</b> (<i>Marols</i>), le dialecte flamand bruxellois que parlait sa grand-m&egrave;re.  (Un autre exemple est la ville arabe de Wadesdah&#8212; &quot;Qu'est-ce que c'est que &ccedil;a&quot; en marollien; et comparez aussi l'arumbaya dans <I>L'oreille cass&eacute;e.</i>)  

<p>Quelques lecteurs concluent que le syldave <b>est</b> le marollien; mais c'est une exag&eacute;ration.  Examinons de plus pr&egrave;s la liste de mots apparent&eacute;s ci-dessus : <i>eih, fl&auml;sz, forwotzen, muskh,</i> et <i>micz</i> sont plus proches &agrave; l'allemand qu'au n&eacute;erlandais.  Remarquez aussi la diversit&eacute; des formes de l'article d&eacute;fini&#8212; <i>dascz, dze, dzem, dza, dzoe</i>&#8212; ce qui implique la d&eacute;clension par cas et par genre, comme en allemand; l'article n&eacute;erlandais n'a que deux formes, et ne d&eacute;cline pas par cas ou par nombre.  Il y a aussi des emprunts &eacute;vidents au fran&ccedil;ais, tels que <i>czesztot, klebcz, gendarmaska&iuml;a, adwicza, karr&ouml;, zr&auml;l&ugrave;kz</i>.


<h4><IMG  Align=Top width=14 height=14 SRC="greenball.gif"> Phonologie</h4>

<p>Le syldave a un inventaire ample de <b>consonnes</b>.  Dans la translitt&eacute;ration ordinaire :

<p>
<pre>              lab     dent    alv     v&eacute;l    uvul
<br>occlusive     b  p    t  d            k  g
<br>fricative     f  w    s  z    sz zs   kh gh  h
<br>affriqu&eacute;e             tz dz   cz dj  
<br>nasale           m       n
<br>liquide                  l
<br>approximante     v       r       rz
<br>semivoyelle                      j</pre>

<p>La plupart de ces sons existent en fran&ccedil;ais; seul l'orthographe (dont on parlera encore ci-dessous) est &eacute;trange pour les francophones.

<p><b>sz</b> et <b>zs</b> sont les fricatives alv&eacute;olaires &#x0283; &#x0292; &eacute;crites <i>ch</i> et <i>j</i> en fran&ccedil;ais.  Les affriqu&eacute;es voisines <b>cz</b> (aussi &eacute;crite <b>tcz</b> ou <b>tch</b>) et <b>dj</b> se prononcent <i>tch</i>, <i>dj</i>.   Quelques linguistes consid&eacute;reraient le <b>kz</b>, prononc&eacute; [ks], &ecirc;tre un phon&egrave;me.

<p><b>tz</b> se prononce /ts/, et <b>dz</b> n'est que l'&eacute;quivalent sonore.

<font color="#406040"><p>J'ai pris l'interpr&eacute;tation de  <i>zs</i> de l'hongrois, qui &eacute;crit ce son de cette fa&ccedil;on-ci.  <i>Sz</i> et <i>cz</i> s'interpr&egrave;tent comme en polonais; cette orthographe &eacute;tait commune dans l'Europe centrale; elle se conserve dans le mot anglais <i>Czech</i> (tch&egrave;que).  L'orthographe <b>tch</b> (<B>Sporowitch</b>, qui imite le patronyme slave : Ivanovitch), est &eacute;videmment emprunt&eacute;e au fran&ccedil;ais; vu que nous ne voyons <i>tch</i> que dans des mots propres nous pouvons le consid&eacute;rer comme une variante orthographique&#8212; je pr&eacute;f&egrave;re l'interpr&eacute;ter ainsi, au lieu de dire qu' Herg&eacute; a d&ucirc; &eacute;viter les exceptions, en &eacute;crivant <B>Sporowicz</b>.  <b>tcz</b> ne s'atteste que dans <b>b&auml;tczer</b>; en remarquant que un <i>t</i> ne change pas le son d'un <i>cz</i>, nous pouvons identifiquer une autre variante orthographique&#8212; ou peut-&ecirc;tre une consonne doubl&eacute;e.  

<p>Comment interpr&eacute;ter <b>khoujchz</b> ?  L'&eacute;quivalent n&eacute;erlandais <i>koets</i> ne sugg&egrave;re que l'existence d'une affriqu&eacute;e.  <b>chz</b> n'est assur&eacute;ment pas la m&ecirc;me chose que <b>tz</b>; c'est plus probablement (surtout quand nous avons d&eacute;j&agrave; vu la variante <b>tch</b>) une autre forme de <b>cz</b>.</font>

<p><b>kh</b> (de temps en temps &eacute;crit <i>ch</i>) se prononce comme l'allemand <i>ch</i> dans <i>Bach</i>.  L'&eacute;quivalent sonore est <b>gh</b>.

<font color="#406040"><p>Le <b>gh</b> sonore /&#x0263;/ n'est pas tr&egrave;s commun dans les langues europ&eacute;ennes&#8212; il est plus courant dans les langues turques&#8212; mais c'est tr&egrave;s bien indiqu&eacute; par le mod&egrave;le n&eacute;erlandais: p.e., <i>vagebond</i> se prononce [va&#x0263;ebont].  La co-existence de mots tels que <b>ghounh</b>, <b><b>g</b>&uuml;dd</b> sugg&egrave;re que, &agrave; la diff&eacute;rence du n&eacute;erlandais, les /g/ et /&#x0263;/ contrastent en syldave.</font>

<p>Dans l'ancien syldave nous trouvons le /k/ &eacute;crit <b>c</b> : <b>eltc&acirc;r, c&acirc;rr&ouml;.</b>  Nous ne voyons pas cette convention dans les mots modernes, et je soup&ccedil;onne qu'on utilise actuellement <b>k</b>, au moins pour les mots que l'on per&ccedil;oit comme natifs.

<p>Comme en fran&ccedil;ais, les phon&egrave;mes dentaux se prononcent contre les dents, ce qui produit un contraste fort entre p.e.  <b>s</b> et <b>sz</b>, <b>tz</b> et <b>cz</b>.   

<p>Le <b>r</b> se prononce roul&eacute;, mais avec un seule battement, comme dans l'espagnol, l'italien, ou le japonais; ce n'est pas le r grassey&eacute; du fran&ccedil;ais, ni l'r longuement roul&eacute; du proven&ccedil;al.  Le <b>rz</b> est le r palatalis&eacute; du polonais (<i>rz</i>) ou du tch&egrave;que (Dvorak); aux oreilles fran&ccedil;aises &ccedil;a aura &agrave; peu pr&egrave;s l'air de  <i>rch</i>.

<p>Un point difficile : le <b>w</b> se prononce /v/, comme dans 'avoir', tandis que le <b>v</b> est une liquide bilabiale /&#x03b2;/, comme dans l'espagnol (d'Espagne) <i>la<b>v</b>ar</i>.

<font color="#406040"><p>Les phon&egrave;mes w et v sont une esp&egrave;ce d'&eacute;nigme.  Du mot <B>Klow</b>, donn&eacute; dans tous les deux alphabets, nous voyons que <b>w</b> &eacute;quivaut au B cyrillique, qui se prononce /v/ dans toutes les langues slaves; comparez aussi des emprunts comme <B>Wladimir</b>, et la prononciation de <i>w</i> en allemand et en polonais.  N&eacute;anmoins nous voyons aussi <b>v</b>, par exemple dans <B>Hveghi</b>.  La cl&eacute; du myst&egrave;re se pr&eacute;sente dans la mot &#x042e;&#x0415;&#x0420;&#x0425;&#x0412;&#x0415;&#x041d; 'travaux', apparent&eacute; &agrave; l'allemand <I>Werken</i>, pour lequel Herg&eacute; ne donne pas de translitt&eacute;ration.  En se rappellant des mots russes comme <i>soyuz</i>, il est tentant de lire /juerxven/; mais je crois que c'est une m&eacute;prise de l'usage de la lettre  <i>yu</i> en russe, o&ugrave; elle n'indique pas y + u, mais <b>une forme d' /u/</b> : en particulier, un /u/ qui suit une consonne palatalis&eacute;e.  La palatalisation n'est pas importante en syldave, mais 'une forme d' u' est le point cl&eacute;.  La meilleure interpr&eacute;tation des faits est que le &#x042e; syldave est une approximante bilabiale /&#x03b2;/, comme dans l'espagnol <i>lavar</i>, et qu'il s'identifie avec le <b>v</b> vu dans les translitt&eacute;rations.  Apr&egrave;s une consonne, comme dans <B>Hveghi</b>, il est probable que le <b>v</b> devienne semi-voyelle : [hwe&#x0263;i].  Notez aussi que le n&eacute;erlandais comporte  aussi la distinction /v/ vs. /&#x03b2;/, mais l'orthographe opposante : <i>v</i>, <i>w</i>.

<p>Dans deux mots (<b>b&ucirc;thsz, Zmylpathes</b>) nous avons un digraphe <b>th</b>; je le prends comme variante orthographique de  <b>t</b>, comme en fran&ccedil;ais ou en allemand.  Dans le dernier mot l'orthographe a &eacute;videmment &eacute;t&eacute; sugg&eacute;r&eacute; par celle des Carpates (l'anglais  'Carpathians').  Il n'y a pas de bonne explication pour le <i>th</i> de <i>b&ucirc;thsz</i>; mais on peut formellement exclure une fricative.  Les seules langues germaniques avec une fricative <i>th</i> sont l'anglais et l'islandais, et des listes de mots apparent&eacute;s on voit clair que le syldave suit les autres langues germaniques : cf.  <b>d&ouml;szt, dze</b> vs. l'anglais 'thirst, the'.</font>

<p>Les <b>voyelles</b> sont:

<p><pre>          d'avant    centrale    d'arri&egrave;re
<br>hautes     i,y  &uuml;                 u  &ucirc;
<br>cent       e    &ouml;                 o  &ocirc;
<br>bas                   &auml;  a
</pre>

<p>La r&eacute;alisation des voyelles d'avant est claire : comme en fran&ccedil;ais et en allemand, <b>i</b> et <b>e</b> existent en formes soit arrondies, soit non arrondies (donc <b>&uuml;</b> = fr. u, <b>&ouml;</b> = fr. oe).  L'interpr&eacute;tation de l' <b>&auml;</b> est incertaine : c'est peut-&ecirc;tre un a arrondi, ou un a plus avanc&eacute; [&aelig;] comme l'anglais 'ask', ou (hypoth&egrave;se que je pr&eacute;f&egrave;re) il peut r&eacute;presenter [&#x025b;] (le <b>e</b> de <i>b&ecirc;te</i>), comme en allemand.

<p>Nous ne savons pas comment se prononcent <b>&ucirc;</b> et <b>&ocirc;</b>, surtout parce chacun n'appara&icirc;t que dans un mot (<b>b&ucirc;thsz</b>, <b>kh&ocirc;r</b>).  Je sugg&egrave;re &ucirc; = une voyelle centrale, comme le <b>e</b> de <i>le</i> mais un peu plus haute; et  &ocirc; = o ouvert, comme dans <i>donner</i>. 

<p>Nous voyons aussi quelques instances de <b>ou, oe, y</b>.  Le premier est peut-&ecirc;tre un diphtongue, et le deuxi&egrave;me, une variante de <b>&ouml;</b>.  J'ai pris le <b>y</b> comme voyelle haute et rel&acirc;ch&eacute;e /<font size=1>I</font>/, comme celle du n&eacute;erlandais <i>pit</i>, mais ce n'est peut-&ecirc;tre qu'une variante orthographique d' i.  

<font color="#406040"><p>L'abondance des diacritiques et de variantes d'orthographe sont vraiment un d&eacute;faut dans l'invention d'Herg&eacute;.  Il aurait mieux fait de se fixer et de mettre au point tous les sons du syldave, au lieu de les inventer peu &agrave; peu.  La manque de consistance ne g&ecirc;nera peut-&ecirc;tre que les linguistes; mais il y a aussi un probl&egrave;me artistique  : le lecteur ne saura pas comment prononcer le langage.  </font>

<h4><IMG  Align=Top width=14 height=14 SRC="greenball.gif"> <A NAME="ortho">Orthographe</a></h4>

<p>Dans l'&eacute;poque m&eacute;di&eacute;vale les Syldaves &eacute;crivaient leur langue (germanique) en alphabet romain (voir par exemple le manuscrit du 14<sup><font size=-1>e</font></sup> si&egrave;cle du <I>Sceptre d'Ottokar</i>).  Et m&ecirc;me actuellement dans les armoiries syldaves, la devise <i>Eih bennek, eih blavek</i> s'&eacute;crit en caract&egrave;res romains (plus pr&eacute;cis&eacute;ment, en ce qu'on appelle en allemand le Fraktur). 

<p>Au pr&eacute;sent, les Syldaves &eacute;crivent leur langue en utilisant l'alphabet cyrillique.  Quand ils ont chang&eacute; et pourquoi restent des myst&egrave;res.

<p>Voici les consonnes syldaves dans les alphabets romains et cyrilliques :

<p><IMG  Align=Top width=379 height=115 SRC="syldave.gif">

<p>Dans de certains cas (cz, tz) on se sert des digraphes &agrave; la place des caract&egrave;res simples utilis&eacute;s dans les langues slaves.  Ceci ne s'explique qu'en supposant que la Syldavie ait d'abord utilis&eacute; l'alphabet romain, et que l'orthographe cyrillique se soit fond&eacute;e sur lui.

<font color="#406040"><p>J'ai d&ucirc; fournir quelques &eacute;quivalents, pour des sons qu'Herg&eacute; n'a donn&eacute; que dans l'alphabet romain.  
L'usage de &#x0417;&#x0421; suit le mod&egrave;le d'Herg&eacute;&#8212; les Syldaves avaient sans doute des raisons pour lesquelles ils &eacute;vitaient les &#x0428; <i>sha</i> et &#x0416; <i>zhe</i> cyrilliques.  Enfin je sugg&egrave;re gz comme translitt&eacute;ration de <b>gh</b>; &ccedil;a fournit un &eacute;quivalent qui manque, et produit &agrave; la fois une prononciation plus plausible pour le mot  <b>wertzragh</b>.
</font>

<h4><IMG  Align=Top width=14 height=14 SRC="greenball.gif"> Les parties du discours</h4>

<p><b>Les noms</b>

<p>Les noms ont un genre, ou le <b>commun</b> ou le <b>neutre</b>.  La plupart des noms, y compris la majeure partie de ceux qui r&eacute;f&egrave;rent aux personnes ou aux animaux, sont du genre commun.

<p><B>Pluriels</b> : -<b>es</b> (<i>zigarettes</i>, <I>Zmyhlpathes</i>) et -<b>en</b> (<i>verkhwen</i>) se voient tous les deux.  

<ul>
<li>Les mots les plus fr&eacute;quents forment d'ordinaire le pluriel en -<b>en</b>: <b>klebcz<font color="$0000FF">en</font></b> 'chiens', <b>kh&ocirc;r<font color="$0000FF">en</font></b> 'kh&ocirc;rs', <b>fl&auml;sz<font color="$0000FF">en</font></b> 'bouteilles', <b>verkhwen</b> 'travaux'.
<li>Les emprunts ont un pluriel en -<b>es</b>: <b>zigarettes</b> 'cigarettes', <b>komitz&auml;te<font color="$0000FF">s</font></b> 'comit&eacute;s'.
</ul>

<font color="#406040"><p>La postulation de deux genres en syldave s'est bas&eacute;e surtout sur les formes multiples de l'article d&eacute;fini.</font>

<p><b>Pronoms</b>

<blockquote>
<table>
<tr><td><p></td>   <td>sujet</td> <td>compl.</td>   <td>possessif</td></tr>
<tr>
<td>1s je</td>
<td><b>ek</b></td>
<td><b>ma</b> </td>
<td><b><font color="$0000FF">mejn</font></font></b></td></tr>

<tr><td>2s tu</td>
<td><b>d&ucirc;s</b></td>
<td><b><font color="$0000FF">da</font></font></b></td>
<td><b><font color="$0000FF">dejn</font></font></b></td></tr>

<tr><td>3s il</td>
<td><b>eih</b></td>
<td><b>itd</b></td>
<td><b>yhzer</b></td></tr>

<tr><td>3s elle</td>
<td><b>zsoe</b> </td>
<td><b><font color="$0000FF">irz</font></b></td>
<td><b>yhzer</b></td></tr>

<tr><td>1p nous</td>
<td><b><font color="$0000FF">vei</font></b></td>
<td><b>ohmz</b></td> <td><b>ohmz</b></td></tr>

<tr><td>2p vous</td> <td></td></tr>

<tr><td>3p ils/elles</td>
<td><b>zsoe</b> </td>
<td><b><font color="$0000FF">khon</font></b></td>
<td><b><font color="$0000FF">khon</font></b></td></tr>
</table>
</blockquote>

<p>Les formes sujets servent, naturellement, pour le sujet d'une phrase :

<blockquote>
<p>  <B>Eih d&ouml;szt</b>.  Il a soif.
<br><B>Ek nietz itd <font color="$0000FF">werlagh</font></b>.  Je ne le veux pas.
</blockquote>

<p>Les formes compl&eacute;ment s'utilisent pour le compl&eacute;ment d'un verbe ou apr&egrave;s une pr&eacute;position :

<blockquote>
<p>  <B>Wladimir <font color="$0000FF"> irz l&ouml;wt</font></b>.  Wladimir l'aime.
<br><B>Kzommet micz omhz</b>.  Venez avec nous.
</blockquote>

<p>Les <b>pronoms d&eacute;monstratifs</b> sont <b><font color="$0000FF">czei</font></b> 'ce, ceci', <b><font color="$0000FF">tot</font></b> 'ce, cela':
  
<blockquote>
<p><B>Eih <font color="$0000FF">czei</font> klebcz kl&ouml;ppta</b>.  Il a frapp&eacute; ce chien-ci.
<br><B><font color="$0000FF">Tot</font> eszt on d&ouml;szt waghabontz</b>.  Celui est un vagabond assoiff&eacute;.

<br><B>Tintin noh <font color="$0000FF">czei</font> b&ucirc;thsz kzommet</b>.  Tintin vient &agrave; ce bateau-ci.
<br><B>Hadok &ouml;pp <font color="$0000FF">tot</font> b&ucirc;thsz f&auml;llta</b>.  Haddock est tomb&eacute; de ce bateau-l&agrave;.
</blockquote>

<p>Des autres pronoms connus sont <b><font color="$0000FF">eihn</font></b> 'ici', <b><font color="$0000FF">daren</font></b> 'l&agrave;', <b>eltkar</b> 'un autre, l'autre'.

<p><b><a name="articles">Articles</a></b>

<p>L'<b> article ind&eacute;fini</b> est <b>on</b>.

<blockquote>
<p>  <b>on klebcz</b>  un chien
<br><b>on fl&auml;sz Klowaswa</b>  une bouteille d'eau de Klow
</blockquote>

<p>Le pluriel est <b><font color="$0000FF">onegh</font></b>.  

<blockquote>
<b><font color="$0000FF">onegh</font> klebcz<font color="$0000FF">en</font></b>  des chiens, quelques chiens
<br><b><font color="$0000FF">onegh</font> fl&auml;sz<font color="$0000FF">en</font> Klowaswa</b> des/quelques bouteilles d'eau de Klow
</blockquote>

<p>L'<b> article d&eacute;fini</b> est d&eacute;clin&eacute;, comme en allemand.  

<blockquote>
<table>
<tr><td></td> <td>m/f</td> <td>n</td> <td>pl</td> <td></tr>

<tr><td>nom </td> <td><b><font color="$0000FF">dze</font></b></td> <td><b>dascz</b></td> <td><b><font color="$0000FF">dzoe</font></b></td></tr>

<tr><td>acc</td> <td><b>dzem</b></td> <td><b>dascz</b></td> <td><b>dzoe</b></td></tr>

<tr><td>dat</td> <td><b>dze</b></td> <td><b>dza</b></td> <td><b><font color="$0000FF">dzem</font></b></td></tr>

<tr><td>g&eacute;n</td> <td><b><font color="$0000FF">doscz</font></b></td> <td><b><font color="$0000FF">doscz</font></b></td> <td><b><font color="$0000FF">doscz</font></b></td></tr>
</table>
</blockquote>

<p>Les formes nominatives s'utilisent pour le sujet d'une phrase :
<br><b>Dzeb&ucirc;thsz wzryzkar vertraght.</b>  Le bateau ralentit assur&eacute;ment.

<p>Les formes accusatives s'utilisent pour le compl&eacute;ment direct (et apr&egrave;s certains pr&eacute;positions):
<blockquote>
<b>Dzem b&ucirc;thsz <font color="$0000FF">werlagh</font> ek.</b>  Je veux le bateau.
</blockquote>

<p>Les formes datives s'utilisent pour le compl&eacute;ment indirect  (et apr&egrave;s certains pr&eacute;positions). Comparez le fran&ccedil;ais <i>au, &agrave; la, aux</i> :
<blockquote>
<b>Ek itd dzek&ouml;nikstz <font color="$0000FF">werkop</font>ta.</b>  
Je l'ai vendu au roi.
</blockquote>

<p>Les formes g&eacute;nitives s'utilisent dans les expressions de possession.   Comparez le fran&ccedil;ais <i>du, de la, des</i> :
<blockquote>
<b>Eih f&auml;llta &ouml;pp o k&acirc;rr&ouml; <font color="$0000FF">doscz</font> b&ucirc;thsz.</b>
Il est tomb&eacute; sur le plancher du bateau.
</blockquote>

<p>Les formes qui terminent dans une voyelle s'attachent au mot qui suit : <b>dascz gendarmaska&iuml;a</b> 'la gendarmerie', mais <b>dzoeteu&iuml;h</b> 'les portes'.

<font color="#406040">
<p>Les formes attest&eacute;es sont:
<br><b>d&acirc;zsb&iacute;ck</b> 'la ch&egrave;vre' dans la chronique m&eacute;di&eacute;vale; apparemment neutre alors que nous attendrions le f&eacute;minin.  
Le <i>scz</i> final s'assimile &agrave; <i>zs</i> devant la consonne sonore qui le suit.
<br><b>noh dascz gendarmaska&iuml;a</b>  '&agrave; la gendarmerie'
<br><b>noh dzem b&ucirc;thsz</b>!  'au bateau!'; <i>Boot</i> est neutre en all. mais commun en n&eacute;er.
<br><b>ihn dzekhoujchz</b> 'dans la voiture'; <I>Kutsche</i> est fem. en allemand, commun en n&eacute;er.
<br><b>v&uuml;h dzapeih</b> 'pour le type' - on supposait que c'&eacute;tait du genre commun; mais dans ce cas &ccedil;a devrait &ecirc;tre <i>dze</i>; je le prends donc comme neutre (autrement inattest&eacute;)
<br><b>dzoeteu&iuml;h</b> '[ouvrir] les portes'; <i>deur</i> est commun en n&eacute;er.

<p>Comparez l'allemand et l'ancien n&eacute;erlandais :

<table>
<tr><td></td> <td>m</td> <td>f</td> <td>n</td> <td>pl</td> <td></td> <td>a. n&eacute;er.</td></tr>
<tr><td>nom </td> <td><i>der</i></td> <td><i>die</i></td> <td><i>das</i></td> <td><i>die</i></td> <td></td> <td><i>die</i></td></tr>
<tr><td>acc</td> <td><i>de<i>n</i></i></td> <td><i>die</i></td> <td><i>das</i></td> <td><i>die</i></td> <td></td> <td><i>die<i>n</i></i></td></tr>
<tr><td>dat</td> <td><i>dem</i></td> <td><i>der</i></td> <td><i>dem</i></td> <td><i>de<i>n</i></i></td> <td></td> <td><i>die<i>n</i></i></td></tr>
<tr><td>gen</td> <td><i>des</i></td> <td><i>der</i></td> <td><i>des</i></td> <td><i>der</i></td> <td></td> <td><i>des</i></td></tr>
</table>

<p>Dans une &eacute;poque pass&eacute;e le syldave a d&ucirc; poss&eacute;der une s&eacute;rie de formes pareilles &agrave; celles de l'allemand.  Il n'est pas difficile &agrave; voir ce qui s'est pass&eacute;.  Le  -<i>r</i> final a disparu (-<i>r</i> n'est pas stable en syldave; comparez <b>d&ouml;szt</b> avec l'angl. 'thirst', ou <b>v&uuml;h</b> avec 'for'), de m&ecirc;me que le -<i>m</i> final.  La distinction entre <i>de</i> et <i>die</i> s'est aussi perdu, et au m&ecirc;me temps, peut-&ecirc;tre, tout les deux se sont affriqu&eacute;s &agrave; <b>dze</b>.  L'accusatif et g&eacute;nitif f&eacute;minins ont d&ucirc; aussi &ecirc;tre <b>dze</b>; les formes <b>dzem</b> (de l'ancien <i>den</i>) et <b>doscz</b> (de <i>des</i>) se sont adopt&eacute;s par analogie, ce qui a aboli les diff&eacute;rences  entre  les deux genres.  Avec la palatalisation de <i>das</i> dans le neutre, on a atteint le syst&egrave;me actuel.
</font>

<p><b>Adjectifs</b>

<p>Les adjectifs pr&eacute;c&egrave;dent les noms : <b>forwotzen zona</b> 'zone interdite'; <B>Zekrett Politzs</b> 'Police secr&egrave;te'.  Ils ne sont pas d&eacute;clin&eacute;s.

<p><font color="#406040">(En fait, il n'y a pas d'&eacute;vidence suffisante pour savoir si les adjectifs changent de forme.  Les r&egrave;gles du n&eacute;erlandais sont compliqu&eacute;es.)</font>

<p>Notez la d&eacute;rivation <B>Klow</b> &gt; <B>Klowaswa</b>.  Il y a certainement d'autres adjectivisations; comparez <B>Zyldav</b> 'syldave'.

<p>Les adjectifs peuvent modifier les verbes (ou, si vous voulez, les  <b>adverbes</b> ont la m&ecirc;me forme que l'adjectif corr&eacute;spondant):

<blockquote>
<B><font color="$0000FF">Nadja</font> Wladimir zekrett <font color="$0000FF">l&ouml;wt</font></b>.  
  Nadia aime secr&egrave;tement Wladimir.

<br><b>Dzapeih wzryzkar eszt on vaghabontz.</b>  Le type est s&ucirc;rement un vagabond.
</blockquote>

<h4>Verbes: Conjugaison</h4>

<font color="#406040" size=-1>
<p>Formes attest&eacute;es:
<br><b>bennek</b> - suis (avec pronom cliticis&eacute;)
<br><b>blavek </b>- 1s du pr&eacute;sent de l'indicatif (avec pronom cliticis&eacute;)
<br><b>ghounh</b> - 3p du pr&eacute;sent de l'indicatif 
<br><b>forwotzen</b> - participe pass&eacute;
<br><b>kz&ouml;mmetz</b> - (<i>Czesztot b&auml;tczer yhzer kz&ouml;mmetz noh dascz gendarmaska&iuml;a?</i>) infinitif (&quot;c'est mieux pour lui  venir...&quot;) ou 3s du subjonctif (&quot;mieux qu'il vienne...&quot;)
<br><b>kzommetz</b> - imp&eacute;ratif (dirig&eacute; &agrave; 1 personne)
<br><b>touhn</b> - infinitif 
<br><b>wertzragh</b> - imp&eacute;ratif ou infinitif
<br><b>kz&ouml;mmet</b> - imp&eacute;ratif , nombre ind&eacute;fini (&agrave; 1 personne).  Pluriel = racine + -t en n&eacute;erlandais!
<br><b>h&auml;lt</b> - imp&eacute;ratif , nombre ind&eacute;fini (&agrave; 1 personne)
<br><b>zr&auml;l&ugrave;kz</b> - imp&eacute;ratif , nombre ind&eacute;fini (&agrave; 1 personne)
<br><b>blaveh</b> - imp&eacute;ratif , nombre ind&eacute;fini (&agrave; 1 personne)
<br><b>zr&auml;djzmo</b> - imp&eacute;ratif , nombre ind&eacute;fini (&agrave; 1 personne)
<br><b>ez</b> - es (2s du pr&eacute;s. de l'indic. d' '&ecirc;tre')
<br><b>eszt</b> - est (3s du pr&eacute;s. de l'indic. d' '&ecirc;tre')
<br><b>cz&auml;&iacute;d&acirc;</b> - a dit (3s du pass&eacute; de l'indic.)
<br><b>pakkeho</b> - saisir (infinitif)
<br><b>kl&ouml;ppz</b> - frappe (3s du pr&eacute;s. de l'indic.)
<br><b>f&auml;llta</b> - est tomb&eacute; (3s du pr&eacute;s. de l'indic.).
</font>

<p>Les verbes ont deux conjugaisons, dites forte et faible.  La conjugaison <b>forte</b> :
<table>
<tr><td>Infinitif</td> <td><b><font color="$0000FF">blavn</font></b> 'rester'</td></tr>
<tr><td>Pr&eacute;sent de l'indicatif</td> <td>1s <b><font color="$0000FF">blav</font></b>, 3s <b><font color="$0000FF">blavet</font></b>, 1p/3p <b><font color="$0000FF">blaven</font></b></td></tr>
<tr><td>Pass&eacute; de l'indicatif</td> <td>s <b><font color="$0000FF">blev</font></b>, pl <b><font color="$0000FF">bleven</font></b></td></tr>
<tr><td>Subjonctif</td> <td>s <b><font color="$0000FF">blavetz</font></b>, pl <b><font color="$0000FF">blavendz</font></b></td></tr>
<tr><td>Imp&eacute;ratif</td> <td>2s <b><font color="$0000FF">blaveh</font></b>, 2p <b><font color="$0000FF">blavet</font></b></td></tr>
<tr><td>Participes</td> <td>pr&eacute;s <b><font color="$0000FF">blavendz</font></b>, pass&eacute; <b><font color="$0000FF">bleven</font></b></td></tr>
</table>

<br><p>Et la <b>faible</b> :
<table>
<tr><td>Infinitive</td> <td><b><font color="$0000FF">l&ouml;wn</font></b> 'aimer'</td></tr>
<tr><td>Pr&eacute;sent de l'indicatif</td> <td>1s <b><font color="$0000FF">l&ouml;w</font></b>, 3s <b><font color="$0000FF">l&ouml;wt</font></b>, 1p/3p <b><font color="$0000FF">l&ouml;wen</font></b></td></tr>
<tr><td>Pass&eacute; de l'indicatif</td> <td>s <b><font color="$0000FF">l&ouml;wda</font></b>, pl <b><font color="$0000FF">l&ouml;wenda</font></b></td></tr>
<tr><td>Subjonctif</td> <td>s <b><font color="$0000FF">l&ouml;wetz</font></b>, pl <b><font color="$0000FF">l&ouml;wendz</font></b></td></tr>
<tr><td>Imp&eacute;ratif</td> <td>2s <b><font color="$0000FF">l&ouml;weh</font></b>, 2p <b><font color="$0000FF">l&ouml;wet</font></b></td></tr>
<tr><td>Participes</td> <td>pr&eacute;s <b><font color="$0000FF">l&ouml;wendz</font></b>, pass&eacute; <b><font color="$0000FF">l&ouml;wen</font></b></td></tr>
</table>

<p>Les diff&eacute;rences se voient dans le pass&eacute; (form&eacute; par l'alt&eacute;ration de la racine pour les verbes forts, et par l'addition de  -<b>da</b> (-<b>ta</b> apr&egrave;s une consonne sourde) pour les faibles) et dans le  participe pass&eacute; (qui pour les verbes forts partage la m&ecirc;me l'alt&eacute;ration de voyelle que celle du pass&eacute;).


<p><font color="#406040">Les indices nous manquent pour la d&eacute;termination des formes de la deuxi&egrave;me personne (tu, vous)&#8212; en effet, nous ne savons m&ecirc;me pas si le <b>d&ucirc;s</b> 'tu' m&eacute;di&eacute;vale subsiste.  Je sugg&egrave;re qu'on utilise les formes de la premi&egrave;re personne.</font>


<h4>Pr&eacute;positions</h4>

<p>Pr&eacute;positions connues :
<blockquote>
<b>ihn</b>  dans 
<br><b>micz</b>  avec 
<br><b>noh</b>  &agrave; (mouvement vers)
<br><b>o</b>  &agrave; (lieu), contre, de (sujet)
<br><b>&ouml;pp</b>  au-dessus, de (mouvement au loin) 
<br><b>v&uuml;h</b>  pour
</blockquote>

<p>Fait curieux : les pr&eacute;positions deviennent des <b>post</b>-positions avec les pronoms du 3s, en utilisant la forme sp&eacute;ciale <b>er</b> : p.e. <b>erom</b> '&agrave; ou contre lui/elle', <b>erv&uuml;h</b> 'pour lui ou elle', etc.

<p>Les pr&eacute;positions prenent d'ordinaire le datif, sauf quand il y a question d'un mouvement, quand l'accusatif s'impose.  Il y a donc une diff&eacute;rence s&eacute;mantique entre : 
<br><b>ihn dzekhoujchz</b> (dat.) (qqch. a lieu) dans la voiture 
<br><b>ihn dzem khoujchz</b> (acc.) (qqch. entre ou mouve) dans la voiture 

<p>Le corollaire est que certaines pr&eacute;positions ne s'utilisent qu'avec un cas : p.e.  <b>noh</b>, qui exprime toujours un mouvement, prend toujours l'accusatif; tandis que <b>o</b>, qui n'implique jamais un mouvement, est suivi toujours par le datif.

<p><font color="#406040">Je fonde cette description sur l'allemand, parce que le n&eacute;erlandais (y compris le marollien!) n'a pas d'article d&eacute;fini d&eacute;clin&eacute;.  &Ccedil;a se tient avec les expressions pr&eacute;positionelles dans le Corpus (voyez <a href="#articles">Articles</a>).</font>

<h4><IMG  Align=Top width=14 height=14 SRC="greenball.gif"> Syntaxe</h4>

<p>Le verbe suit d'ordinaire le compl&eacute;ment :

<blockquote>
<B>Ihn dzekhoujchz blaveh! </b> Restez dans la voiture!
<br><B>Ek <font color="$0000FF">mejn m&auml;djek l&ouml;w.</font></b>  J'aime ma petite amie.
<br><B>On spr&auml;dj <font color="$0000FF">werlagh</font>.</b>  Je veux du vin.
</blockquote>

<p>O&ugrave; il y a un auxiliaire et un verbe principal, le verbe reste &agrave; la fin, mais l'auxiliaire se situe juste apr&egrave;s le sujet :

<blockquote>
<B>Zsoe ghounh dzoeteu&iuml;h ebb touhn. </b> 
  Ils vont ouvrit les portes.
<br><b>Ek <font color="$0000FF">werlagh</font> ihn Klow blav<font color="$0000FF">n</font>.  </b>
	Je veux rester &agrave; Klow.
</blockquote>



<p>Dans le syldave plus vieux le pronom peut suivre le verbe, et on peut encore le mettre ainsi pour souligner sa pens&eacute;e :

<blockquote>
<B>Eih bennek, eih blavek</b>  Ici je suis, ici je reste.  [orthographe m&eacute;di&eacute;vale]

<br><b>Wzryzkar kzomme ek!</b>  Je viens, bien s&ucirc;r!
</blockquote>

<p>On peut dire soit <b>Eih<font color="$0000FF">n</font> ben ek</b>, soit <b>Ek ben eih<font color="$0000FF">n</font></b>, mais jamais <i>*Eih<font color="$0000FF">n</font> ek ben</i>.  En g&eacute;n&eacute;ral on peut dire ou "X est Y" ou "Y est X".  Quand X est un pronom, la forme "Y est X" est plus forte: <b>G&uuml;dd eszt itd</b>, 'Bon qu'il est.'

<p>Dans les phrases dans le Corpus avec <i>kzommet</i>, des expressions pr&eacute;positionelles suivent le verbe.  Mais la virgule indique que l'expression pr&eacute;positionelle s'est d&eacute;plac&eacute;e afin de se souligner, ou comme une esp&egrave;ce de pens&eacute;e apr&egrave;s coup :

<blockquote>
<B>Kzommet micz omhz, noh dascz gendarmaska&iuml;a!</b>
  Venez avec nous, &agrave; la gendarmerie!
</blockquote>

<p>Les formes du verbe '&ecirc;tre' suivent directement le sujet :

<blockquote>
<B>Dzek&ouml;nikstz eszt g&uuml;dd.</b>  Le roi est bon.
<br><B>Sbrodj eszt on forwotzen zona.</b>  Sbrodj est une zone interdite.
<br><b>Dan dzetronn eszt erv&uuml;h.</b>  Le tr&ocirc;ne est donc pour lui.
</blockquote>

<p>La forme fusionn&eacute;e <b>czesztot</b> 'c'est' commence la phrase : <b>Czesztot Tintin.</b>  "C'est Tintin."

<p><B>N&eacute;gatifs</b>

<p>Pour mettre une phrase &agrave; la forme n&eacute;gative, on ajoute le particle <b>nietz</b> apr&egrave;s le sujet, en position d'auxiliaire. 

<blockquote>
<B>M&uuml;sstler nietz dzem k&ouml;nikstz <font color="$0000FF">l&ouml;wt</font></b>.  
  M&uuml;sstler n'aime pas le roi.
</blockquote>

<p>Dans les phrases copulatives, <b>nietz</b> s'ins&egrave;re apr&egrave;s le verbe (ou <b>czesztot</b>) :

<blockquote>
<B>M&uuml;sstler eszt nietz g&uuml;dd.</b>  M&uuml;sstler n'est pas bon.
<br><B>Czesztot wzryzkar nietz on waghabontz</b>!  
  Ce n'est s&ucirc;rement pas un vagabond!
</blockquote>

<p><B>Questions</b>

<p>Les questions simples s'indiquent d'ordinaire par une inflection montante : 

<blockquote>
<B>Dzek&ouml;nikstz <font color="$0000FF">het</font> d&ouml;szt?</b>  Le roi a soif ? 

<br><b>On klebcz f&auml;ll<font color="$0000FF">t</font>?</b>  Un chien tombe ?
</blockquote>


<p>S'il y a un verbe auxiliaire, ou un verbe sans compl&eacute;ment, on peut aussi invertir sujet et verbe :

<blockquote>
<b>Ben ek eih<font color="$0000FF">n</font>?  Blav ek eih<font color="$0000FF">n</font>?</b>  Suis-je ici ?  Est-ce que je reste ici ?

<br><b>Ghounh Tintin noh Sbrodj kz&ouml;mmen?</b>  Tintin va-t-il &agrave; Sbrodj ?
</blockquote>

<p>Le seul pronom que nous savons c'est <b><font color="$0000FF">vazs</font></b> 'que':

<blockquote>
<p><b><font color="$0000FF">Vazs</font> eszt <font color="$0000FF">tot</font>?  </b> Qu'est-ce que c'est?
</blockquote>


<td width=10%>
</table>

<h3><IMG  Align=Top width=14 height=14 SRC="redball.gif"> <A NAME="lexicon">Lexique</a></h4>

<table>
<tr><td width=10%>
<td>

<IMG  Align=left width=162 height=177 SRC="tinc.gif">
<p>Pour les verbes forts, le participe pass&eacute; se donne en parenth&egrave;ses.

<p><b>adwicza</b> - <i>n</i>. avis [du fran&ccedil;ais]
<br><b>Almazout</b> - <i>n</i>. noble syldave, devenu Ottokar I<sup><font size=-1>er</font></sup>
<br><b>alp&ucirc;</b> - <i>adv</i>. donc, puis, m&ecirc;me [n&eacute;er. <i>aldus</i> ?]
<br><b>ama&iuml;h!</b> - <i>v</i>. av&eacute;!  [emprunt au bordure]
<br><b>b&auml;tczer</b> - <i>adv</i>. mieux [cf. n&eacute;er. <i>beter</i>]
<br><b>ben</b> - <i>v</i>. (je) suis
<br><b>b&iacute;ck</b> - <i>n</i>. fripon, b&ecirc;te [fr. <i>bique</i> 'ch&egrave;vre']
<br><b>bir&ucirc;zn</b> - <i>n</i>.  baron [<font color="#406040">de la version originale du text medi&eacute;val</font>]
<br><b>blav<font color="$0000FF">n</font></b> (<i>bleven</i>) - <i>v</i>. rester [cf. n&eacute;er. <i>blijven</i>]
<br><b>b&ucirc;thsz</b> - <i>n</i>.<i>n</i> bateau [cf. all. <i>Boot</i>]
<br><b>champ.</b> - abbr&eacute;viation pour 'champignons'.  <font color="#406040">(Il est possible que le restaurateur a simplement &eacute;crit l'addition en fran&ccedil;ais; mais &eacute;tant donn&eacute; qu'il &eacute;tait syldave, il est aussi possible que le syldave a emprunt&eacute; le mot au fran&ccedil;ais.)</font>
<br><b>cza&iuml;<font color="$0000FF">gan</font></b> (<b>cza&iuml;da</b>) - <i>v</i>. dire [n&eacute;er. <i>zeggen</i>;
<font color="#406040">comparez <i>cegan</i> dans la premi&egrave;re version du texte medi&eacute;val</font>]
<br><b><font color="$0000FF">czei</font></b> - <i>pron, adj</i>.  ce, ceci [fr. <i>ce</i>]
<br><b>czeilla</b> - <i>pron</i>. celui-l&agrave; [du fran&ccedil;ais] 
<br><b>czesztot</b> - <i>phrase</i> c'est [<i>czei eszt tot</i>]
<br><b><font color="$0000FF">da</font></b> - <i>pron</i>. toi (acc.)
<br><b>dan</b> - <i>pron</i>. donc [n&eacute;er. <i>dan</i>]
<br><b><font color="$0000FF">daren</font></b> - <i>pron</i>. l&agrave;
<br><b>dascz</b> - <i>art</i>. le; voir <i>dze</i>
<br><B>Dbrnouk</b> - <i>n</i>. ville au sud de la Syldavie
<br><b><font color="$0000FF">dejn</font></b> - <i>pron</i>. ton, tien 
<br><b>d&ouml;szt</b> - <i>n, adj</i>. soif [cf. n&eacute;er. <i>dorst</i>]
<br><B>Douma</b> - <i>n</i>. porte principale de la Syldavie
<br><b>d&ucirc;s</b> - <i>pron</i>. tu [cf. all. <i>du</i>]
<br><b>dze</b> - <i>art</i>. le.  Commun nom/dat <i>dze</i>, acc <i>dzem</i>; neutre nom/acc <i>dascz</i>, dat <i>dza</i>; pluriel nom/acc <i>dzoe</i>, dat <i><font color="$0000FF">dzem</font></i>.  G&eacute;nitif, toujours <i><font color="$0000FF">doscz</font></i>.
<br><b>ebb</b> - <i>adj</i>. ouvert; 
<b>ebb touhn</b> <i>expr. verbale</i>  ouvrir [litt. 'faire ouvert'; cf. n&eacute;er. <i>opendaan</i>]
<br><b>ek</b> - <i>pron</i>. je
<br><b>eih</b> - <i>pron</i>. il, <i>archaic</i> ici
<br><b><font color="$0000FF">eihn</font></b> - <i>pron</i>. ici [de <i>eih ihn</i> 'ici-dedans', expression qui a rempla&ccedil;&eacute; l'ancien <b>eih</b> 'here' apr&egrave;s qu'il a incommodement fusionn&eacute; avec <b>eih</b> 'il']
<br><b>elt<font color="$0000FF">k</font>ar</b> - <i>pron</i>. un autre (personne), l'autre [n&eacute;er. <i>elkaar</i>]
<br><b>en</b> - <i>conj</i>. et [<font color="#406040">Pas directement attest&eacute;, mais se d&eacute;duit de <b>endzoekhoszd</b>.</font> n&eacute;er.<i>en</i>]
<br><b>endzoekhoszd</b> - <i>adv</i>. plus tard [cf. n&eacute;er. bruxellois <i>en de kost</i>]
<br><b>er</b> - <i>pron</i>. lui, eux (<i>forme qui para&icirc;t avant une pr&eacute;position</i>)
<br><b>f&auml;ll<font color="$0000FF">en</font></b> - <i>v</i>. tomber 
<br><b>fl&auml;sz</b> - <i>n</i>. bouteille [cf. all. <i>Flasche</i>]
<br><b><font color="$0000FF">forwitzen</font></b> (<i>forwotzen</i>) - interdire [cf. all. <i>verboten</i>]
<br><b>forwotzen</b> - <i>part</i>. interdit
<br><b>gendarmaska&iuml;a</b> - <i>n</i>. gendarmerie
<br><b>ghounh</b> - aller  [cf. n&eacute;er. <i>gaan</i>]
<br><b>g&uuml;dd</b> - <i>adj</i>. bon
<br><B>H&auml;lt</b>! - <i>v</i>. halte!
<br><b>hama&iuml;h!</b> - <i>v</i>. av&eacute;!   [cf. anversois <i>amai</i>, expression d'&eacute;tonnement, de surprise, de piti&eacute;, etc. - r&ocirc;le que <i>hama&iuml;h</i> peut accomplir aussi en syldave]
<br><b><font color="$0000FF">heben</font></b> - <i>v</i> avoir [cf. n&eacute;er. <i>hebben</i>].  3s pr&eacute;s de l'indic. <b><font color="$0000FF">het</font></b> tend &agrave; se perdre apr&egrave;s un sujet qui termine dans une voyelle, p.e. <b>eih</b>.
<br><B>Hveghi</b> - <i>n</i>. Chef slave, s'est rebell&eacute; contre les Turcs, est devenu Muskar I<sup><font size=-1>er</font></sup>
<br><b>ihn</b> - <i>prep</i>. dans, en
<br><b><font color="$0000FF">irz</font></b> - <i>pron</i>. son, sa (&agrave; elle) [n&eacute;er. <i>haar</i>, all. <i>ihr</i>]
<br><B>Istow</b> - <i>n</i>. ville syldave (&agrave; 56 km de Klow)
<br><b>itd</b> - <i>pron</i>. lui (acc.)
<br><b>kar</b> - <i>n</i>. roi
<br><b><font color="$0000FF">k</font>arr&ouml;</b> - <i>n</i>. plancher [fr. <i>carreau</i>]
<br><b><font color="$0000FF">khon</font></b> - <i>pron</i>. eux, leur [n&eacute;er. <i>hun</i>]
<br><b>kh&ocirc;r</b> - <i>n</i>. monnaie syldave 
<br><b>khoujchz</b> - <i>n</i>.<i>f</i>. voiture [cf. n&eacute;er. <i>koets</i> 'carrosse'].
<br><b>klebcz</b> - <i>n</i>. chien [cf. fr. <i>clebs</i>, l'arabe <i>kalb</i>]
<br><b>kloho</b> - <i>n</i>. conqu&ecirc;te
<br><b>kl&ouml;pp<font color="$0000FF">en</font></b> - <i>v</i>. frapper
<br><B>Klow</b> - <i>n</i>. capitale de la Syldavie, &agrave; la confluence du Wladir et du Moltus [<i>kloho</i> + <i>ow</i>]
<br><B>Klowaswa</b> - <i>adj</i>. de Klow; <i>comme n</i>. eau min&eacute;rale de Klow
<br><b>komitz&auml;t</b> - <i>n</i>. comit&eacute;
<br><b>k&ouml;nikstz</b> - <i>n</i>. roi [n&eacute;er. <i>koning</i>, all. <i>k</i>&ouml;<i>nig</i>]
<br><b>kontrzoll</b> - <i>n</i>. contr&ocirc;le
<br><B>Kragoniedin</b> - <i>n</i>. une ville r&eacute;put&eacute;e pour ses sources thermales
<br><B>Kropow</b> - <i>n</i>. chateau pr&egrave;s de Klow, ou se garde le Tr&eacute;sor royal
<br><B>Kursaal</b> - <i>n</i>. salle de concerts
<br><b><font color="$0000FF">kzou</font></b> - <i>n</i>. vache [Du. <i>koe</i><font color="#406040">, 
qui appara&icirc;t comme <i>coe</i> dans la version N/B du text medi&eacute;val;
je l'ai modifi&eacute; d'apr&egrave;s la forme de 'venir' et 'voiture'.</font>]
<br><b>kz&ouml;mmen</b> - <i>v</i>. venir [n&eacute;er. <i>komen</i>]
<br><b><font color="$0000FF">l&ouml;wn</font></b> - <i>v</i>. aimer
<br><b>lapz&acirc;da</b> - <i>n</i>. sceptre 
<br><b>lozktekh</b> - plaisant [all. <i>lustig</i>]
<br><b><font color="$0000FF">m&auml;djek</font></b> - jeune fille, petite amie
<br><B>Mazedonia</b> - <i>n</i>. Macedoine
<br><b>ma</b> - <i>pron</i>. moi
<br><b><font color="$0000FF">mejn</font></b> - <i>pron</i>. mon, ma, mien
<br><b>micz</b> - <i>prep</i>. avec  [all. <i>mit</i>]
<br>-<b>mo</b> - <i>particle</i> juste, seulement, en plus: <B>Zr&auml;djzmo</b>!  Continuez &agrave; conduire!   Conduisez un peu! [n&eacute;er. <i>maar</i>]
<br><B>Moltus</b> - <i>n</i>. deuxi&egrave;me fleuve de Syldavie
<br><B>Muskar</b> - <i>n</i>. nom de plusieurs rois de Syldavie, y compris le premier [muskh + kar]
<br><b>muskh</b> - <i>n</i>. valeur
<br><B>Niedzdrow</b> - <i>n</i>. ville sur le Wladir
<br><b>nietz</b> - <i>adv</i>. ne pas [n&eacute;er. <i>niet</i> 'ne pas']
<br><b>noh</b> - <i>prep</i>. &agrave; (exprime mouvement) [cf. all. <i>nach</i>, n&eacute;er. <i>naar</i>]
<br><b>o</b> - <i>prep</i>. &agrave; (lieu), (mouvement ou emplacement) contre, de (sujet) [l'ancien <b>&ouml;n</b>; n&eacute;er. <i>om</i>]
<br><b>omhz</b> - <i>pron</i>. nous (acc.), notre [cf. all. acc/dat <i>uns</i>]
<br><b>on</b> - <i>art</i>. un [cf. n&eacute;er. <i>een</i>]
<br><b><font color="$0000FF">onegh</font></b> - <i>art</i>. des (pluriel de <b>on</b>) [n&eacute;er. <i>enige</i>]
<br><b>&ouml;pp</b> - <i>prep</i>. au-dessus, de (au loin de)
<br><B>Ottokar</b> - <i>n</i>. nom de plusieurs rois syldaves
<br><b>ow</b> - <i>n</i>. ville
<br><b>pakke<font color="$0000FF">n</font></b> - <i>v</i>. saisir [n&eacute;er. <i>pakken</i>]
<br><b>peih</b> - <i>n.n.</i>. personne, type [bruxellois <i>pee</i> &lt; fr. <i>p&egrave;re</i>.   Le m&ecirc;me mot fran&ccedil;ais &eacute;tait emprunt&eacute; dans l'&eacute;poque m&eacute;di&eacute;vale comme <i>Pir.</i>]
<br><b>pir</b> - <i>n</i>. p&egrave;re [fr. <i>p&egrave;re</i>]
<br><b>politzs</b> - <i>n</i>. police
<br><b>pollsz</b> - <i>adj</i>. false, mauvais [n&eacute;er. <i>vals</i>, all. <i>falsch</i>]
<br><b>rapp</b> - <i>adj</i>. vite, rapide [n&eacute;er. belge <i>rap</i>]
<br><b>revolutzion&auml;r</b> - <i>adj</i>. revolutionnaire
<br><B>Sbrodj</b> - <i>n</i>. ville syldave, lieu du centre de recherche nucl&eacute;aire d'o&ugrave; on a lan&ccedil;&eacute;e la premi&egrave;re exp&eacute;dition &agrave; la Lune
<br><B>Staszrvich</b> - <i>n</i>. noble syldave rebelle au temps d'Ottokar IV
<br><b>szcht</b> - <i>n</i>. silence!
<br><b>szlaszeck</b> - <i>n</i>. esp&egrave;ce de viande, dite (probablement juste pour rire) &ecirc;tre du chien
<br><b>szpr&auml;dj</b> - <i>n</i>. vin rouge [fr. <i>rouge</i>?]
<br><b>sztoumpekh</b> - ??  [n&eacute;er. <i>stomen</i> 'fumer' ou <i>stoemp</i> 'm&eacute;got'?]
<br><b>sz&ucirc;bel</b> - <i>n</i>. t&ecirc;te 
<br><B>Tesznik</b> - <i>n</i>. ville syldave 
<br><b>teu&iuml;h</b> - <i>n</i>. porte   [n&eacute;er. <i>deur</i>]
<br><b>touhn</b> - <i>v</i>. faire [cf. n&eacute;er. <i>doen</i>]
<br><b><font color="$0000FF">tot</font></b> - <i>pron</i>. <i>adj</i>.  ce, cela [n&eacute;er. <i>dat</i>; russe <i>tot</i>]
<br><b>tronn</b> - <i>n</i>. tr&ocirc;ne [n&eacute;er. <i>troon</i>, fr. <i>tr&ocirc;ne</i>]
<br><b><font color="$0000FF">vazs</font></b> - <i>pron</i>. quoi, que [Du. <i>was</i>.
<font color="#406040">Appara&icirc;t comme <i>wazs</i> 
dans la version N/B du texte medi&eacute;val, mais j'ai chang&eacute; la premi&egrave;re lettre
en imitant l'inversion syldave de w et de v.</font>]
<br><b><font color="$0000FF">vei</font></b> - <i>pron</i>. nous (nom.)
<br><b>verkhwen</b> - <i>n</i>. travaux (pl.) [cf. all. <I>Werken</i>]
<br><b>v&uuml;h</b> - <i>prep</i>. pour [l'ancien <b>pho</b>, s&ucirc;rement prononc&eacute; <b><font color="$0000FF">fo</font></b>; cf. n&eacute;er. <i>voor</i>]
<br><b>waghabontz</b> - <i>n</i>. vagabond
<br><b><font color="$0000FF">werkopen</font></b> - v. vendre [n&eacute;er. <i>verkopen</i>]
<br><b><font color="$0000FF">werlagh</font></b> - <i>v</i>.  vouloir, d&eacute;sirer  [n&eacute;er. <i>verlangen</i>]
<br><b>wertzragh</b> - <i>v</i>. ralentir [cf. n&eacute;er. <i>vertragen</i>]
<br><B>Wladimir</b> - <i>n</i>. saint patron de Syldavie
<br><B>Wladir</b> - <i>n</i>. fleuve principale de Syldavie
<br><b>wzryzkar</b> - <i>adj</i>. s&ucirc;r; <i>adv</i>. assur&eacute;ment [cf. n&eacute;er. <i>voor zeker</i>]
<br><b>yhzer</b> - <i>poss</i>. <i>pron</i>. son, sa [cf. all. <i>ihrer</i>]
<br><b>zekrett</b> - <i>adj</i>. secret
<br><b>zentral</b> - <i>adj</i>. central
<br><B>Zepo</b> - Zekrett Politzs - <i>n</i>. Police secr&egrave;te
<br><b>zigarettes</b> - <i>n. pl</i>. cigarettes
<br><B>Zileheroum</b> - <i>n</i>. Capitale turque de Syldavie, sur le Moltus; actuellement Klow
<br><B>Zlip</b> - <i>n</i>. ville syldave
<br><B>Zmyhlpathes</b> - <i>n</i>. une cha&icirc;ne de montagnes  dans la Syldavie [m&eacute;lange de <i>Carpates</i> et <i>mille-pattes</i>]
<br><b>zona</b> - <i>n</i>. zone
<br><B>zr&auml;l&ugrave;kz<font color="$0000FF">en</font></b> - <i>v</i>. regarder [cf. fr. <i>reluquer</i>, combinaison de <i>regarder</i> et du n&eacute;er. moyen <i>locken</i> 'regarder']
<br><b>zr&auml;djz<font color="$0000FF">en</font></b> - <i>v</i>. conduire, aller (&agrave; cheval ou en voiture) [cf. n&eacute;er. <i>rijden</i>]
<br><b>zs&aacute;lu</b> - <i>interj</i>.  salut [du fran&ccedil;ais]
<br><b>zsoe</b> - <i>pron</i>. elle, ils, elles [n&eacute;er. <i>zij</i>]
<br><b><font color="$0000FF">zsoen</font></b> - <i>v</i>.  &ecirc;tre; verbe irr&eacute;gulier: ben, ez, eszt...  [n&eacute;er. <i>zijn</i>]
<br><B>Zstopnohle</b> - <i>n</i>. nom n'une montagne pr&egrave;s de Sbrodj
<br><B>Zyldav Zentral Revolutzion&auml;r Komitz&auml;t</b> - <i>n</i>. organisation fasciste avant la guerre
<br><B>Zyldav</b> - <i>adj</i>. syldave
<br><B><font color="$0000FF">Zyldavja</font></b> - <i>n</i>. Syldavie

<td width=10%>
</table>

<hr>

<p><img src="redball.gif">D'autres pages ici qui pourraient int&eacute;resser aux francophones :

<ul>

<li><a href="baudri.html">
De Baudrillard en Am&eacute;rique</a> - 
La vacuit&eacute; du livre de Baudrillard sur l'Am&eacute;rique.

<li><a href="eguide.html#frenchy">
Guide touristique &agrave; l'&eacute;lection am&eacute;ricaine 2000</a> -
Comment nous choisissons notre chef, dans notre tribu.

<li><a href="phrases.html"> L'anarcho-Assimil </a> - 
Toutes les phrases dont le touriste aura besoin pour vraiment faire impression.

<li><a href="nombres.html"> Les num&eacute;raux d'un &agrave; dix en 4500 langues</a> - 
R&eacute;gler l'addition dans n'importe quel pays o&ugrave; vous vous trouvez.

<li><a href="frenchy.html"> Les BD europ&eacute;ennes </a> - 
On pr&eacute;sente la BD aux ricains.  En anglais, parler de ladite tribu.

<li><a href="frenchcult.html"> &Ecirc;tes-vous fran&ccedil;ais ? </a> - 
Trait&eacute; anthropologique sur les fran&ccedil;ais.  
En anglais afin de m'&eacute;viter des repr&eacute;sailles.
Un ami fran&ccedil;ais l'a &eacute;crit, ne m'en voulez pas.

</ul>

Et les amis n&eacute;erlandophones de Tintin appr&eacute;cieront la 
<a href="http://bewoner.dma.be/Syldavie/begin.htm">Syldavi&euml; Online</a>, qui pr&eacute;tend &ecirc;tre un guide &agrave; la Syldavie &eacute;crit par des syldaviens!

<hr>
<p><center><A HREF="default.html"><img src="home.gif" border=0 alt="Home"></A></center>



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</HTML> 


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